Guide des millésimes des vins de France
Le millésime — l''année de récolte — est l''un des facteurs les plus déterminants de la qualité et du potentiel de garde d''un vin. Une grande année peut sublimer un terroir ; une année difficile révèle le talent du vigneron. Ce guide rassemble, région par région, les notes et commentaires de dégustation des principaux millésimes, avec leurs fenêtres d''apogée.
Les notes sont exprimées sur 20 et reflètent un consensus de dégustation. Elles donnent une tendance régionale : un grand vigneron peut réussir une année moyenne, et inversement. À utiliser comme repère, jamais comme vérité absolue.
Bordeaux
Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet Franc (rouges) · Sémillon, Sauvignon (blancs et liquoreux)
Bordeaux est la région des grands vins de garde par excellence. Le climat océanique, capricieux, fait que le millésime y joue un rôle décisif : une grande année peut transformer un cru en légende, une année difficile teste le savoir-faire du vinificateur. La rive gauche (Médoc, Graves), dominée par le Cabernet Sauvignon, donne des vins structurés et tanniques de très longue garde. La rive droite (Saint-Émilion, Pomerol), dominée par le Merlot, produit des vins plus charnus, accessibles plus tôt. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025.
Cinquante ans de Bordeaux racontent une histoire de progrès technique autant que de caprices du climat : des décennies 1970-1980 marquées par une irrégularité redoutable, on est passé à une succession quasi ininterrompue de grands millésimes depuis 2000, portée par une meilleure maîtrise de la vigne face au réchauffement climatique. Pour un collectionneur, les incontournables à rechercher en priorité restent les légendes intemporelles 1982, 1990 et 2000, rejointes par le trio moderne 2005-2009-2010 et, plus haut encore dans l'exigence, 2016, 2019, 2020 et 2022 pour qui pense à très long terme. Les amateurs de vins à boire dès aujourd'hui se tourneront avec bonheur vers 1985 ou 1989, aujourd'hui à pleine maturité et offrant un plaisir immédiat sans compromis sur la classe.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 15/20 | Très bon | Été marqué par une canicule historique mi-août (deuxième juin le plus chaud jamais enregistré après 2003), vendanges précoces dès fin août dans un contexte sec ; petites baies très concentrées. Millésime encore en élevage, non dégusté en primeur au moment de la rédaction : évaluation provisoire à confirmer. | collector |
| 2024 | 14/20 | Bon | Une des saisons les plus compliquées de la décennie : hiver doux et humide, pression de mildiou intense, plus petite récolte depuis 1991, sauvée par un été chaud et sec. Vins fins, croquants et frais, plus accessibles jeunes, avec quelques réussites remarquables chez les producteurs les plus rigoureux. | maintenant-2032 |
| 2023 | 15/20 | Très bon | Millésime sans éclat spectaculaire mais solide et régulier, marqué par des degrés d'alcool plus modérés et une acidité élevée qui lui donne fraîcheur et élégance. La rive gauche, portée par un Cabernet Sauvignon particulièrement réussi, tire le mieux son épingle du jeu. | 2028-2040 |
| 2022 | 19/20 | Légendaire | Canicule et sécheresse extrêmes, mais une viticulture de précision a transformé la contrainte en réussite éclatante : dix vins notés 100/100 par Wine Advocate, un consensus critique quasi unanime parlant de « millésime du siècle ». Fraîcheur surprenante, tanins veloutés, matière concentrée : rare alliance de plaisir immédiat et de très longue garde. | collector |
| 2021 | 14/20 | Bon | Gel d'avril et printemps humide propice au mildiou : le millésime le plus hétérogène de la décennie, avec un retour à un style plus frais et classique façon années 1990. Alcools modérés, fruits rouges, vins élégants chez les meilleurs mais dilués chez les moins rigoureux. | maintenant-2032 |
| 2020 | 18/20 | Légendaire | Troisième volet d'une trilogie exceptionnelle (2018-2019-2020) : canicule estivale et sécheresse compensées par des vendanges de précision, donnant des vins alliant la structure de 2005 et le raffinement de 2016. Tanins classiques, grande fraîcheur, potentiel de garde considérable. | 2030-2050 |
| 2019 | 18/20 | Légendaire | Saison fraîche puis pluies salvatrices juste avant les vendanges : un millésime d'une énergie remarquable, entre opulence et élégance aérienne selon les terroirs. Grande homogénéité qualitative sur l'ensemble du vignoble, avec un potentiel de garde comparable à 2016. | 2028-2048 |
| 2018 | 18/20 | Légendaire | Printemps très humide et forte pression de mildiou, puis été le plus chaud et sec en mémoire récente : les vins qui ont résisté à la tentation de la surextraction offrent une maturité éclatante et une fraîcheur surprenante. Vendanges parmi les plus précoces jamais enregistrées. | 2026-2045 |
| 2017 | 15/20 | Très bon | Le gel destructeur des 27-28 avril a ravagé une partie du vignoble de façon très inégale (jusqu'à 100% de pertes pour certains, zéro pour d'autres), mais Pauillac, Saint-Julien et Saint-Estèphe ont globalement été épargnés. Style élégant et digeste, plus précoce que 2015-2016. | maintenant-2030 |
| 2016 | 19/20 | Légendaire | Été exceptionnellement sec aux nuits fraîches, longue maturation lente : un des millésimes les plus complets et unanimement salués de la décennie, à la précision et à la fraîcheur remarquables. Tanins fins et soyeux, grande garde assurée pour les meilleurs crus. | 2028-2050 |
| 2015 | 18/20 | Excellent | Année chaude et généreuse, ponctuée de pluies bénéfiques en fin de cycle : vins riches et opulents sur la rive droite et à Pessac-Léognan, plus mesurés dans le Médoc. Style solaire et déjà séduisant, avec un potentiel de garde qui se révèle plus long que prévu à l'origine. | 2026-2045 |
| 2014 | 16/20 | Excellent | Un été maussade laissait présager le pire, mais un arrière-saison chaud et prolongé a sauvé la mise, en particulier pour le Cabernet Sauvignon du Médoc. Pauillac et Saint-Estèphe en tête, vins souples aux tanins mûrs, agréables dès maintenant. | maintenant-2032 |
| 2013 | 11/20 | Moyen | Le printemps le plus froid et humide depuis 40 ans, floraison compromise, une des années les plus délicates des trois dernières décennies. Vins légers et précoces axés sur le fruit rouge, sans prétention de garde ; à boire sans attendre. | à boire |
| 2012 | 14/20 | Bon | Petite récolte obtenue à l'arraché après une floraison capricieuse, rattrapée par un ensoleillement salvateur en fin de cycle. Style classique et souple, sans l'éclat des grandes années, la rive droite (Pomerol, Saint-Émilion) se distinguant nettement. | maintenant-2030 |
| 2011 | 12/20 | Moyen | Premier semestre caniculaire et sec suivi d'un été frais et pluvieux : rendements historiquement bas et maturité inégale. Vins tendus, sur le fruit rouge, plus destinés à une consommation précoce qu'à une longue garde. | à boire |
| 2010 | 19/20 | Légendaire | Conditions idéales et petites baies très concentrées : un millésime massif, tannique et d'une pureté remarquable, souvent comparé et parfois préféré à 2009. Plus austère et exigeant en jeunesse, il demande encore de la patience et récompensera un cellier supplémentaire. | 2030-2055 |
| 2009 | 19/20 | Légendaire | Été chaud et ensoleillé jusqu'à une maturité phénolique exceptionnelle : millésime opulent, charnu et sensuel, le plus immédiatement séduisant du trio 2005-2009-2010. Un record de vins notés 100/100 par Robert Parker, entré aujourd'hui dans sa phase de pleine maturité. | maintenant-2045 |
| 2008 | 15/20 | Très bon | Floraison tardive et été frais et humide sauvés par un arrière-saison magnifique : un millésime longtemps sous-estimé, éclipsé par le faste de 2009, mais offrant un excellent rapport qualité-prix. Pomerol et Pauillac en tête, déjà très agréable à boire. | maintenant-2035 |
| 2007 | 12/20 | Moyen | Été frais et humide, maturité difficile à atteindre : le millésime rouge le plus faible de sa période, léger et précoce. À boire désormais sans attendre, sans espoir d'amélioration supplémentaire. | à boire |
| 2006 | 15/20 | Très bon | Été chaud et sec interrompu par de fortes pluies début septembre, avec de grandes disparités selon le moment des vendanges. Pomerol et Pauillac tirent leur épingle du jeu avec des vins puissants et tanniques qui demandaient patience, aujourd'hui pleinement épanouis. | maintenant-2032 |
| 2005 | 19/20 | Légendaire | Été chaud et sec, vendanges quasi parfaites : sans doute le millésime le plus équilibré de l'ère moderne, alliant puissance tannique et fraîcheur remarquable. Longtemps qualifié de « grand oublié » face à 2009-2010, il entame aujourd'hui sa phase de pleine maturité pour les crus les plus accessibles. | 2026-2050 |
| 2004 | 14/20 | Bon | Grande récolte tardive nécessitant une vigilance de tous les instants, rattrapée par de bonnes conditions sur les meilleurs terroirs. Millésime classique et sans esbroufe, tanins souples, à consommer maintenant sans urgence. | maintenant-2030 |
| 2003 | 15/20 | Très bon | Canicule historique en Europe : vendanges extrêmement précoces, raisins parfois surmûris. Le Médoc nord (Pauillac, Saint-Estèphe) et le plateau calcaire de Saint-Émilion ont brillé, tandis que Pomerol a souffert de tanins secs ; un millésime atypique et clivant, désormais à boire sans plus attendre. | à boire |
| 2002 | 13/20 | Bon | Floraison inégale et été gris rattrapés par un beau mois de septembre : un millésime frais produisant des clarets classiques, avec un net avantage pour le Médoc sur la rive droite. Vins prêts à boire, sans grande marge de progression. | à boire |
| 2001 | 16/20 | Excellent | Millésime longtemps considéré comme un « sleeper » face à 2000, qui a fini par convaincre avec le temps, en particulier sur la rive droite où il peut rivaliser avec son illustre aîné. Vins équilibrés, fruités et structurés, à leur apogée aujourd'hui. | maintenant-2032 |
| 2000 | 19/20 | Légendaire | Millésime charnière du nouveau millénaire, exceptionnel et homogène sur toutes les appellations et les deux rives : tanins racés mais harmonieux, grande complétude. Les meilleurs crus classés entrent tout juste dans leur pleine maturité et se garderont encore plusieurs décennies. | 2026-2045 |
| 1999 | 13/20 | Bon | Saison fraîche et humide, embellie éphémère fin août diluée par la pluie aux vendanges : un millésime à maturation rapide, de qualité correcte mais jamais conçu pour la garde longue. À boire depuis longtemps. | à boire |
| 1998 | 17/20 | Excellent | Le Merlot a atteint une maturité sublime avant qu'une tempête de pluie fin septembre ne complique la récolte des Cabernets : millésime dominé par la rive droite (Pomerol, Saint-Émilion), riche et charnu, quand le Médoc se montre plus irrégulier. Les meilleurs Pomerol sont à leur apogée. | maintenant-2035 |
| 1997 | 12/20 | Moyen | Août tropical ayant accéléré une maturation précoce : vins légers et friands, plaisants dans leur jeunesse mais sans potentiel de garde. Ludiquement surcotés à leur sortie, ils sont aujourd'hui tous mûrs et doivent être bus sans attendre. | à boire |
| 1996 | 16/20 | Excellent | Été chaud et sec ayant magnifiquement mûri les Cabernets, tandis qu'un mois d'août pluvieux pénalisait le Merlot : net avantage à la rive gauche, avec des Pauillac et Saint-Julien puissants et tanniques rappelant le style 1986. Les grands crus médocains boivent superbement aujourd'hui. | maintenant-2035 |
| 1995 | 17/20 | Excellent | Été chaud, Merlot vendangé sain avant une semaine de pluie qui a compliqué la récolte des Cabernets. La rive droite, supérieure à 1996 sur son terroir, offre aujourd'hui des vins superbes à leur apogée, quand le Médoc conserve encore une trame tannique ferme et classique. | maintenant-2032 |
| 1994 | 12/20 | Moyen | Meilleure année depuis 1990 mais sans grand relief, avec une tendance « verte » sur certains vins et de nouvelles pluies de septembre. Les cuvées à dominante Merlot ont mieux réussi ; millésime mineur aujourd'hui en fin de vie. | à boire |
| 1993 | 11/20 | Moyen | Vendanges à nouveau pluvieuses pour un millésime léger et précoce, la rive droite se montrant un peu meilleure que le Médoc. Ces vins ont depuis longtemps dépassé leur apogée. | à boire |
| 1992 | 9/20 | Moyen | Un été chaud suivi d'un mois d'août puis de vendanges torrentiels : dilution générale et manque de structure. Dernier très grand millésime décevant avant 2013, à éviter aujourd'hui. | à boire |
| 1991 | 9/20 | Moyen | Gel destructeur dans la nuit du 20-21 avril (jusqu'à -15°C), pertes considérables notamment à Pomerol et Saint-Émilion, puis pluies aux vendanges ajoutant de la dilution. Millésime sans intérêt aujourd'hui, sauf rares exceptions. | à boire |
| 1990 | 19/20 | Légendaire | Deuxième année la plus chaude du siècle, été le plus sec depuis 1961 et pluie salvatrice juste avant des vendanges précoces : un millésime riche, velouté et d'une grande constance sur les deux rives, avec un Saint-Émilion particulièrement réussi. Les plus grands crus restent superbes, entrant en douceur dans leur déclin. | maintenant-2030 |
| 1989 | 18/20 | Légendaire | Un des étés les plus chauds depuis 1949, vendanges parmi les plus précoces du siècle (28 août) : vins puissants et concentrés, aux tanins soyeux, où le Merlot de la rive droite a surpassé le Cabernet. Un grand millésime aujourd'hui pleinement mature, à apprécier dans les prochaines années. | maintenant-2032 |
| 1988 | 16/20 | Excellent | Hiver et printemps très humides, maturation inégale des cépages : un millésime ferme et austère en jeunesse, tannique, souvent le parent pauvre du fameux trio 1988-1989-1990. Aujourd'hui prêt à boire, sans plus de potentiel de garde ; les Sauternes de l'année, eux, sont sublimes. | à boire |
| 1987 | 10/20 | Moyen | Printemps tardif et été frais, pluies de fin septembre ayant dilué une partie de la récolte : millésime léger, jamais destiné à la garde, la rive droite s'en sortant mieux que le Médoc. Très certainement dépassé aujourd'hui. | à boire |
| 1986 | 16/20 | Excellent | Été long, chaud et sec, forte récolte perturbée par des pluies mi-septembre avant un retour du beau temps : un millésime puissant et tannique, taillé pour la garde, particulièrement réussi à Saint-Estèphe et Pauillac. Les meilleurs flacons se dégustent encore très bien, d'autres montrent des signes de fatigue. | maintenant-2028 |
| 1985 | 17/20 | Excellent | Gel hivernal et grêle de printemps largement compensés par un septembre parmi les plus chauds et secs jamais enregistrés : un millésime élégant et harmonieux, séducteur, particulièrement réussi à Pomerol et Pessac-Léognan. Pleinement mature aujourd'hui, il se déguste avec un plaisir immédiat. | maintenant-2030 |
| 1984 | 8/20 | Moyen | Mai froid et humide, pluies ruinant la maturation finale et un ouragan début octobre : millésime faible, la rive droite (Merlot) particulièrement affectée. Aujourd'hui largement dépassé, hormis quelques premiers crus exceptionnels. | à boire |
| 1983 | 16/20 | Excellent | Conditions globalement favorables, des pluies d'août ayant limité les risques de pourriture : millésime riche et généreux, Château Margaux en étant le plus bel emblème. En lente décadence aujourd'hui, la fenêtre de dégustation se referme progressivement. | à boire |
| 1982 | 20/20 | Légendaire | Été chaud et ensoleillé couronné par un début septembre exceptionnel : le « millésime du siècle » qui a changé la perception mondiale de Bordeaux, opulent, concentré et d'une aptitude au vieillissement extraordinaire, en particulier à Pauillac et Saint-Julien. Quarante ans plus tard, les grands crus sont encore impressionnants, pleinement épanouis. | maintenant-2035 |
| 1981 | 13/20 | Bon | Année difficile marquée par la pluie et le mildiou, nécessitant un tri sévère : millésime léger et maigre, éclipsé par le mythique 1982 qui a suivi. En déclin, à réserver aux amateurs curieux. | à boire |
| 1980 | 8/20 | Moyen | Été frais et humide, pourriture généralisée avant une embellie tardive fin septembre : millésime mineur et dilué. À éviter aujourd'hui, à l'exception des Sauternes qui tiennent encore la route. | à boire |
| 1979 | 12/20 | Moyen | Récolte abondante, la plus grosse depuis 1934, mais maturation inégale des Cabernets : millésime dilué n'ayant pas tenu ses promesses initiales. En déclin généralisé, sauf de rares exceptions à Pomerol et Graves. | à boire |
| 1978 | 15/20 | Très bon | Printemps et été froids et maussades, sauvés par un septembre « miracle » : millésime classique de gabarit moyen, plaisant sans être ambitieux. Ces vins étaient meilleurs il y a une décennie ; à boire sans plus attendre. | à boire |
| 1977 | 6/20 | Moyen | Gelées sévères de printemps, été froid et humide, vendanges tardives début octobre : le millésime le plus faible de la décennie, sans aucun potentiel de garde. Sans intérêt aujourd'hui. | à boire |
| 1976 | 12/20 | Bon | Été très chaud et sec avec vendanges précoces, puis orages mi-septembre ayant dilué une partie de la récolte : millésime déséquilibré, tannique au départ mais souvent décevant à l'arrivée. La plupart des vins sont aujourd'hui morts, à l'exception de quelques grands noms comme Lafite ou Latour. | à boire |
Bourgogne
Pinot Noir (rouges) · Chardonnay (blancs)
En Bourgogne, le millésime conditionne le style autant que la qualité. Sur un vignoble morcelé en climats, chaque année exprime différemment le Pinot Noir et le Chardonnay. Les blancs et les rouges ne réagissent pas toujours de la même façon à une même année — un millésime peut être grand en blanc et seulement bon en rouge. La fraîcheur est ici la clé de l'équilibre : les années trop chaudes peuvent manquer de tension. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025.
Cinquante ans de Bourgogne racontent une histoire de contrastes : entre les décennies difficiles (1977, 1980-1984, 1986-1987, 1994) où gel, grêle et pourriture ont mis à mal la fragile pellicule du pinot noir, et une poignée d'années solaires où tout s'est parfaitement aligné. Pour un collectionneur, la priorité absolue va aux grands classiques historiques encore trouvables et magnifiques en cave : 1978 et 1990 restent les sommets absolus du XXe siècle, rejoints par 1999, 2005, 2009-2010 et 1996 pour leur équilibre et leur potentiel de garde exceptionnel. La décennie 2010 a offert un âge d'or avec 2015 et 2020, deux millésimes déjà considérés comme historiques, à mettre en cave sans hésiter aux côtés des valeurs sûres 2019 et 2022. Un conseil de dégustateur : ne négligez jamais les « petits » millésimes bien vinifiés (1996, 2002, 2012) qui offrent souvent un rapport plaisir-prix imbattable face aux stars trop médiatisées.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 15/20 | Très bon | Millésime précoce marqué par deux canicules (juin, août) puis des pluies début septembre qui ont compliqué la récolte. Rendements réduits mais potentiel qualitatif prometteur salué par les producteurs, à confirmer en bouteille. | trop tôt pour juger |
| 2024 | 12/20 | Moyen | Année maudite par un printemps froid et détrempé, avec jusqu'à 80% de pertes en rouge dans le nord de la région ; les vins qui subsistent sont pâles, délicats, très frais mais peu concentrés. Le Chablis et le Mâconnais s'en sortent nettement mieux que la Côte d'Or. | maintenant-2028 |
| 2023 | 16/20 | Excellent | Plus grosse récolte de l'histoire bourguignonne selon le BIVB, généreuse et charmeuse, avec une fraîcheur bienvenue en rouge comme en blanc. Moins homogène que 2022 mais offre une belle accessibilité et un charme immédiat. | maintenant-2035 |
| 2022 | 17/20 | Excellent | Vintage classique et généreux, mûr et bien fruité, produit en abondance après la petite récolte 2021. Rouges structurés pour une garde moyenne à longue, blancs frais malgré un été très chaud grâce à des pluies de juin salvatrices. | maintenant-2038 |
| 2021 | 13/20 | Moyen | Gel dévastateur en avril, mildiou et botrytis ont réduit les rendements de moitié ; sauvés par un beau mois de septembre. Vins légers et élégants, à l'acidité vive, taillés pour une consommation plutôt précoce, avec de jolies réussites en blanc rare du Mâconnais. | maintenant-2030 |
| 2020 | 18/20 | Légendaire | Saison chaude et sèche sans pression sanitaire, l'une des vendanges les plus précoces jamais enregistrées. Rouges profondément colorés et richement fruités, blancs concentrés à l'acidité cristalline : un très grand millésime de garde, frère aîné du 2019. | 2028-2045 |
| 2019 | 17/20 | Excellent | Saison très chaude avec plusieurs vagues de canicule ayant réduit les rendements, surtout en blanc. Rouges concentrés et fiables, du bon au très bon niveau, avec le potentiel pour une garde moyenne à longue. | 2026-2040 |
| 2018 | 16/20 | Excellent | Été caniculaire ayant enfin livré des volumes généreux après plusieurs petites récoltes. Vins mûrs, juteux et flatteurs dès la jeunesse, mais dont le potentiel de garde à très long terme reste à confirmer. | maintenant-2032 |
| 2017 | 16/20 | Très bon | Millésime abondant et solaire, épargné par le gel qui a frappé une grande partie du reste de la France. Rouges fruités, souples, à l'acidité modérée, certains optimistes évoquant des parallèles avec 2002 ou 1999. | maintenant-2032 |
| 2016 | 13/20 | Moyen | Gel meurtrier fin avril suivi de grêle et de mildiou : rendements historiquement bas sur toute la région. Ce qui a survécu, moins concentré que 2015, reste néanmoins de bonne facture chez les producteurs rigoureux. | maintenant-2030 |
| 2015 | 19/20 | Légendaire | Petits rendements et été chaud ont livré une maturité exemplaire et une vendange précoce ; considéré comme le meilleur millésime de rouges depuis 2010, souvent comparé à 2005. Profondeur, structure et tanins soyeux enrobés d'une fraîcheur remarquable. | 2026-2045 |
| 2014 | 15/20 | Très bon | Un été frais et pluvieux, marqué par un violent orage de grêle fin juin sur la Côte de Beaune, a été racheté par un beau mois de septembre. Blancs particulièrement réussis, parmi les meilleurs de la décennie ; rouges plus légers mais francs. | maintenant-2032 |
| 2013 | 13/20 | Moyen | Grêle dévastatrice le 23 juillet sur Pommard et Volnay, avec 60 à 100% de perte de récolte selon les parcelles ; printemps froid ayant retardé la floraison. Chez les vignerons pratiquant un tri sévère, des vins de belle clarté et de charme réel ont vu le jour, mais l'irrégularité domine. | maintenant-2028 |
| 2012 | 15/20 | Très bon | Année erratique frappée par la grêle sur Volnay, Pommard, Savigny et Beaune, plus une pourriture tenace liée à un été humide. Volumes très faibles mais qualité surprenante à Volnay et Beaune, presque aussi concentrée que 2005, avec des tanins souples caractéristiques. | maintenant-2032 |
| 2011 | 13/20 | Moyen | Saison précoce perturbée par des pluies estivales laissait présager une qualité décevante, mais les meilleurs vins ont surpris favorablement à la dégustation. Moins consistant que 2010, néanmoins agréable pour une consommation dans la décennie suivant la récolte. | maintenant-2027 |
| 2010 | 18/20 | Légendaire | Retour à une acidité classique après l'opulence de 2009, avec des rendements amputés d'un tiers. Rouges équilibrés et structurés, particulièrement réussis en Côte de Nuits ; blancs vifs, ciselés, avec un excellent potentiel de garde de dix à vingt ans pour les meilleures cuvées. | 2026-2045 |
| 2009 | 17/20 | Excellent | Enfin une saison chaude et sèche sans dégâts de grêle précoce, saluée comme un retour en grâce pour les rouges. Tanins mûrs et acidité modérée les rendent charmeurs et déjà très accessibles, avec un joli potentiel pour les grands crus. | maintenant-2035 |
| 2008 | 13/20 | Moyen | Millésime maudit marqué par la coulure, le mildiou et la grêle qui ont plombé rendements et qualité. Un beau mois de septembre a sauvé une partie de la récolte, mais l'acidité élevée reste la signature de cette année difficile. | maintenant-2026 |
| 2007 | 13/20 | Moyen | Été maussade et humide ayant favorisé la pourriture du pinot noir, imposant une sélection très stricte à la vigne comme au chai. Un millésime qui n'a jamais atteint des sommets, mais les blancs s'en sortent mieux que les rouges. | à boire |
| 2006 | 14/20 | Bon | Été difficile pour la santé de la vigne, produisant des vins qui, dans leurs meilleures expressions, se révèlent purs et précis mais parfois un peu austères. Les blancs, portés par une belle fin de saison, ont plutôt bien réussi. | à boire |
| 2005 | 19/20 | Légendaire | Millésime d'exception comme à Bordeaux la même année : équilibre parfait, tanins mûrs et structure imposante pour les rouges, blancs d'une concentration rare capable de vieillir plus longtemps que la moyenne. Wine Spectator a attribué 98 points à la Côte de Nuits et 95 à la Côte de Beaune. | maintenant-2040 |
| 2004 | 13/20 | Bon | Grosse récolte de vins sans éclat particulier mais honnêtes et de bon rapport qualité-prix, relativement légers et croquants. Certains flacons issus des meilleurs terroirs surprennent agréablement avec le recul. | à boire |
| 2003 | 14/20 | Bon | Canicule historique ayant provoqué un phénomène de rôtissage du pinot noir, fragile face à l'excès de chaleur ; une poignée de vieilles vignes ont produit des cuvées monumentales et atypiques. Tanins secs qui se sont accentués avec le temps pour la majorité de la production. | à boire |
| 2002 | 17/20 | Excellent | Bel été pas trop chaud mais suffisamment sec, avec quelques pluies en septembre ayant boosté la maturité sans nuire à la qualité. Vins charmeurs dès leur jeunesse, concentrés et colorés, un très classique et fiable grand millésime bourguignon. | maintenant-2032 |
| 2001 | 13/20 | Moyen | Été pluvieux entrecoupé de pics de chaleur, exigeant une vinification tout en délicatesse pour préserver la finesse face à des tanins déjà marqués. Grêle sur Volnay en août ; qualité très variable, les faibles rendements offrant les meilleures surprises. | à boire |
| 2000 | 12/20 | Moyen | Vendanges pluvieuses avec de la pourriture, donnant des vins souples et faciles, plus réussis en Côte de Nuits qu'en Côte de Beaune. Bons pour une consommation précoce, ils ont perdu l'essentiel de leur fruit depuis longtemps. | à boire |
| 1999 | 18/20 | Légendaire | Qualité et quantité exceptionnelles : vins puissants, charmeurs et bien équilibrés, à la concentration et à la couleur remarquables, la Côte de Beaune se montrant même plus régulière que la Côte de Nuits. Un grand millésime universellement salué, à boire jeune ou à laisser vieillir. | maintenant-2035 |
| 1998 | 14/20 | Bon | Année marquée par le gel, la grêle et la pourriture, donnant des rouges inégaux selon la rigueur du producteur. Les blancs, en revanche, se sont révélés excellents et fruités, comptant parmi les belles réussites de la décennie. | à boire |
| 1997 | 13/20 | Moyen | Rouges souples, ronds et naturellement peu acides, charmeurs jeunes mais jamais taillés pour la garde. Les meilleurs blancs se montrent agréables mais la qualité reste inégale sur l'ensemble de la Côte d'Or. | à boire |
| 1996 | 18/20 | Légendaire | Printemps précoce, été frais puis réchauffement de septembre aux nuits fraîches ayant préservé une acidité remarquable : rouges mûrs, harmonieux et d'une très grande garde, parfois comparés au 1990. Certains flacons des meilleurs producteurs sont aujourd'hui encore en pleine forme, voire en devenir. | maintenant-2035 |
| 1995 | 16/20 | Excellent | Millésime très homogène et de qualité élevée en rouge comme en blanc, avec des tanins raffinés et des fruits mûrs sur une structure équilibrée. Les meilleures cuvées rouges se dégustent encore très bien aujourd'hui. | maintenant-2030 |
| 1994 | 11/20 | Moyen | Un des millésimes les plus décevants de la décennie pour les rouges, victime de rendements trop généreux après des pluies mal maîtrisées. Illustre bien la réputation de variabilité de la Bourgogne ; à éviter aujourd'hui. | à boire |
| 1993 | 15/20 | Très bon | Été orageux marqué par la grêle et des vendanges difficiles, mais les rouges se sont révélés étonnamment sains et bien construits, sous-estimés à leur sortie. Les blancs, plus corrects que brillants, ont bien vieilli chez les meilleurs producteurs. | maintenant-2028 |
| 1992 | 13/20 | Moyen | Pluies encore mal placées ont donné des rouges légers et tendres, à boire jeunes sans grande ambition de garde. Les blancs en revanche comptent parmi les plus savoureux et exotiques de la décennie. | à boire |
| 1991 | 14/20 | Bon | Le raisin avait atteint une belle maturité avant l'arrivée de la pluie, donnant en Côte de Nuits des rouges parfois excellents et sous-estimés. Les blancs, plus floraux, sont en revanche assez irréguliers et à surveiller aujourd'hui. | à boire |
| 1990 | 19/20 | Légendaire | Le dernier des « Trois Glorieuses » (1988-1989-1990) : été chaud et sec suivi de pluies salvatrices fin août, donnant des rouges riches, parfaitement équilibrés et d'une structure majestueuse, souvent comparés au mythique 1959. Un très grand millésime de référence absolue, encore magnifique chez les meilleurs producteurs. | maintenant-2035 (collector pour les grands crus) |
| 1989 | 17/20 | Excellent | Deuxième des « Trois Glorieuses » : rouges souples, fruités et charmeurs, d'une élégance immédiate ; blancs pleins, dorés et concentrés avec un excellent potentiel de garde. Un millésime solaire, très apprécié pour la maturité naturelle du pinot noir comme du chardonnay. | à boire (collector pour les meilleurs blancs) |
| 1988 | 16/20 | Excellent | Premier des « Trois Glorieuses » : rouges tanniques et fermes, exigeant de la patience mais magnifiques dans les meilleurs terroirs. Blancs sains et généreux, parfois un peu vifs dans leur jeunesse. | à boire (collector pour les grands crus rouges) |
| 1987 | 11/20 | Moyen | Petit millésime sans grand relief, en rouge comme en blanc, qui ne répond pas aux standards habituels de la région. Sans intérêt de dégustation aujourd'hui. | à boire (fenêtre dépassée) |
| 1986 | 12/20 | Moyen | Année tricky de pluie et de pourriture pour les rouges, restés légers et sans grand intérêt malgré les efforts des vignerons les plus rigoureux. Les blancs, plus opulents et marqués par le botrytis, s'en sortent nettement mieux. | à boire (blancs uniquement) |
| 1985 | 18/20 | Légendaire | Année sans problème majeur, harmonieuse et classique, comptant parmi les tout meilleurs millésimes de la décennie 1980 en rouge comme en blanc. Vins riches, mûrs et fruités, à l'équilibre remarquable, avec un excellent potentiel de garde pour les meilleures cuvées. | maintenant-2032 (collector) |
| 1984 | 10/20 | Moyen | Météo maussade et manque de maturité ont donné une petite année sans grand intérêt, en rouge comme en blanc. Un millésime à éviter, sans exception notable. | à boire (fenêtre dépassée) |
| 1983 | 14/20 | Bon | Été torride entrecoupé de grêle et de pourriture ayant exigé un tri sévère ; poignée de rouges brillants issus de vieilles vignes mais beaucoup marqués par la rot. Les blancs, souvent surmûris et typés liquoreux, comptent parmi les bonnes réussites de la décennie. | à boire (blancs collector) |
| 1982 | 13/20 | Bon | Récolte abondante ayant donné des rouges fins et élégants mais aujourd'hui en toute fin de vie. Les blancs, d'une grande finesse, comptent parmi les meilleurs de leur décennie. | à boire (fenêtre quasi dépassée) |
| 1981 | 9/20 | Moyen | Un des millésimes les plus mal notés de l'histoire bourguignonne récente : petite récolte due au gel, rouges sévères et tanniques manquant de charme et de chair. Sans intérêt aujourd'hui. | à boire (fenêtre dépassée) |
| 1980 | 11/20 | Moyen | Petite récolte sous-estimée à sa sortie : rouges plutôt maigres manquant de style, blancs moyens dont certains ont néanmoins bien vieilli. Peu d'intérêt de dégustation aujourd'hui. | à boire (fenêtre dépassée) |
| 1979 | 16/20 | Très bon | Considérée comme l'une des plus belles années blanches de l'après-guerre, avec des vins de grande race et de classicisme. Les rouges, fins et élégants, restent en retrait par rapport au 1978 mais ont bien vieilli chez les meilleurs producteurs. | à boire (collector pour les grands blancs) |
| 1978 | 19/20 | Légendaire | Un été superbe d'août à septembre a livré une récolte tardive mais parfaitement mûre : rouges fins, concentrés, charnus et magnifiquement bouquetés, blancs fermes et structurés à l'acidité racée. Unanimement considéré comme l'un des plus grands millésimes bourguignons du XXe siècle, aujourd'hui très rare. | collector |
| 1977 | 8/20 | Moyen | Année pluvieuse et pourrie malgré les premiers traitements anti-botrytis de l'époque, l'une des plus faibles de la décennie en rouge comme en blanc. Sans aucun intérêt de dégustation aujourd'hui. | à boire (fenêtre dépassée) |
| 1976 | 17/20 | Excellent | Le « millésime de la canicule » : sécheresse et chaleur extrêmes, vendanges parmi les plus précoces du siècle, raisin resté sain grâce à des vignes qui ont mieux résisté qu'à Bordeaux. Rouges tanniques et puissants, longs à s'ouvrir mais sublimes dans les grands terroirs ; blancs fermes et durs, marqués par la surmaturité. | collector |
Champagne
Chardonnay, Pinot Noir, Meunier
Le Champagne est en grande majorité un vin d'assemblage non millésimé (Brut sans année), conçu pour offrir un goût constant. Le millésime n'est déclaré que lors des grandes années, lorsque la qualité de la récolte justifie une cuvée d'une seule année. Un Champagne millésimé est donc par définition issu d'un bon à très grand millésime. Ces cuvées vieillissent remarquablement et gagnent en complexité — un Champagne de 15 ou 20 ans bien conservé est une expérience rare. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025, y compris les années non déclarées par la majorité des maisons.
Si vous ne deviez retenir qu'une poignée de millésimes de Champagne à rechercher en priorité sur ces cinquante dernières années, ce sont 2008 et 2002, unanimement salués comme les sommets absolus de l'ère moderne, suivis de près par le trio mythique 1988-1989-1990 et par 1996, dont l'acidité et la tension confèrent une capacité de garde exceptionnelle. Parmi les plus anciens, 1976 et 1982 offrent aujourd'hui des expériences de dégustation rares et généreuses pour les amateurs de vins évolués, tandis que 2012 et 2022 s'imposent comme les meilleurs représentants de la période contemporaine, à mettre en cave dès maintenant pour une garde longue. Gardez en tête qu'un même millésime peut être excellent chez une maison et absent chez une autre : la déclaration reste une décision propre à chaque maison, jamais une obligation réglementaire.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 15/20 | Bon | Vendanges précoces (dès le 19 août) après deux étés très chauds consécutifs ; degré potentiel élevé (10-11%) mais acidité étonnamment préservée, rappelant le profil des grands 2012/2013. Trop tôt pour connaître les déclarations de millésime, mais le potentiel est réel pour les maisons qui sélectionneront. | à suivre |
| 2024 | 13/20 | Moyen | Année marquée par le gel de printemps, la grêle de mai en vallée de la Marne et une pression de mildiou inédite ; rendements en repli mais nuits fraîches de fin de saison offrant une belle acidité sur les raisins sauvés. Année non déclarée en millésime par la majorité des maisons, utilisée en assemblage brut sans année. | à boire (assemblages NV) |
| 2023 | 15/20 | Bon | Troisième récolte la plus abondante de l'histoire de la Champagne, avec un Chardonnay de belle qualité sur la Côte des Blancs malgré une pression de botrytis en août. Certaines maisons prestige devraient millésimer, mais la majorité l'utilisera en assemblage non-millésimé compte tenu des volumes exceptionnels. | 2030-2038 |
| 2022 | 18/20 | Excellent | Millésime cinq étoiles largement déclaré : saison chaude tempérée par des pluies d'août salvatrices, récolte généreuse en quantité et en qualité. Un des meilleurs millésimes du siècle avec 2002, 2008 et 2012 selon plusieurs cavistes spécialisés. | 2030-2045 |
| 2021 | 12/20 | Moyen | Année éprouvante : 12 jours de gel entre avril et mai (pertes jusqu'à 63% dans le Barséquanais) puis forte pression de mildiou ; récolte parmi les plus faibles depuis 35 ans. Année non déclarée en millésime par la majorité des maisons, réservée à quelques cuvées de spécialistes et à l'assemblage brut sans année. | à boire (assemblages NV) |
| 2020 | 15/20 | Bon | Temps humide suivi de canicules à plus de 40°C fin juillet-début août ; pH notablement élevé et acidité tartrique la plus haute depuis 2009, donnant un bon équilibre sucre/acidité. Déclarée par plusieurs maisons prestige (Dom Pérignon, Cristal notamment). | 2028-2040 |
| 2019 | 17/20 | Excellent | Été chaud et sec avec quelques pertes de grêle et de gel, mais des degrés potentiels élevés (10,6%) et une acidité supérieure à 2018 ; considérée comme l'un des très beaux millésimes récents, largement déclaré par les grandes maisons. | 2027-2045 |
| 2018 | 17/20 | Excellent | Année généreuse compensant le petit volume de 2017 malgré des pertes de grêle ; maturité optimale, acidités totales relativement basses, millésime largement déclaré et classé 5 étoiles par les guides spécialisés. | 2026-2042 |
| 2017 | 12/20 | Moyen | Conditions délicates avec un automne chaud et humide favorisant la pourriture grise ; le Chardonnay a mieux résisté que les Pinots. Année non largement déclarée en millésime, sauf de rares cuvées d'assemblage extrême chez quelques maisons de prestige. | à boire |
| 2016 | 13/20 | Moyen | Gel et grêle ont réduit les rendements et le degré potentiel dans toute la France ; qualité finalement supérieure à la moyenne, Pinot Noir préféré au Chardonnay. Déclarée par quelques cuvées de luxe (Cristal, Comtes de Champagne) mais restée discrète chez la majorité des maisons. | maintenant-2030 |
| 2015 | 17/20 | Excellent | Été le plus sec jamais enregistré, très faible pression de maladies, baies petites mais à maturité uniforme et riche ; le Pinot Noir a particulièrement brillé. Un des grands millésimes de la décennie, largement déclaré. | 2025-2042 |
| 2014 | 14/20 | Bon | Septembre chaud et sec ayant sauvé une fin d'été plus fraîche et humide ; bons niveaux de maturité. Déclarée par un nombre limité de maisons, davantage utilisée en assemblage de haute qualité que réellement millésimée. | maintenant-2032 |
| 2013 | 17/20 | Excellent | Printemps froid ayant décalé une vendange parmi les plus tardives en 20 ans, grêle estivale, mais tension et fraîcheur remarquables promettant une garde supérieure aux 2012. Largement déclarée, considérée comme un très grand millésime de style classique. | 2026-2045 |
| 2012 | 19/20 | Légendaire | Millésime d'exception malgré de faibles rendements (gel, grêle, maladies) : l'été puis septembre ont offert une maturité, une acidité et un état sanitaire remarquables. Classé cinq étoiles aux côtés de 2002 et 2008 dans l'ouvrage de référence sur les Champagnes millésimés 1899-2019, à rechercher en priorité. | 2028-2050 |
| 2011 | 12/20 | Moyen | Printemps très chaud et sec suivi d'un été plus frais et pluvieux ; vendange précoce mais niveaux d'acide et de sucre inférieurs à la normale. Peu déclarée, quelques réussites notables chez Roederer et de petits vignerons (Péters, Vilmart). | à boire |
| 2010 | 14/20 | Bon | Printemps-été secs et chauds puis fortes pluies mi-août provoquant un phénomène de pourriture rare ; le Chardonnay s'est révélé remarquable après un tri sévère. Peu déclarée en contexte de crise économique, réservée surtout aux cuvées Chardonnay des maisons prestige (Dom Pérignon, Dom Ruinart, Roederer). | maintenant-2032 |
| 2009 | 16/20 | Très bon | Superbe été après un début de saison compliqué, récolte saine et de haute qualité, Pinot Noir de la Montagne de Reims particulièrement réussi. Largement déclarée, vins ronds et accessibles assez tôt. | maintenant-2035 |
| 2008 | 19/20 | Légendaire | Année humide et difficile jusqu'en août, sauvée par un magnifique mois de septembre : acidité électrique, précision et longévité exceptionnelle. Considéré par de nombreux experts et collectionneurs comme LE plus grand millésime de Champagne de l'ère moderne — à rechercher en priorité absolue. | 2028-2055 |
| 2007 | 14/20 | Bon | Climatologie chaotique (printemps précoce puis été maussade et pluvieux), degré potentiel bas mais acidité totale élevée donnant des vins frais et élégants, notamment en Chardonnay. Déclarée par certaines maisons plutôt que par la majorité. | maintenant-2028 |
| 2006 | 16/20 | Très bon | Juin-juillet exceptionnellement chauds, août plus humide compensé par un beau mois de septembre ; vins souples et expressifs, plus faciles d'accès que les 2015. Largement déclaré, l'un des bons millésimes de la décennie 2000. | maintenant-2030 |
| 2005 | 13/20 | Moyen | Saison dominée par la chaleur et une sécheresse modérée, bons niveaux de sucre mais acidité modérée à faible ; Pinot Noir et Meunier les mieux réussis. Déclarée par plusieurs maisons mais sans éclat particulier au sein de la décennie. | à boire |
| 2004 | 18/20 | Excellent | Rare millésime alliant à la fois quantité généreuse et grande qualité : vins structurés et équilibrés qui ont dépassé les attentes initiales. Largement déclaré, considéré comme un sommet de la décennie aux côtés de 2002. | 2026-2045 |
| 2003 | 14/20 | Bon | Année atypique marquée par des gelées sévères en avril puis une canicule historique ; vendange précoce (dès le 18 août), raisins riches en sucre mais acidité totale la plus basse en 12 ans. Très peu de maisons ont élaboré des assemblages millésimés, ce qui en fait une curiosité rare plutôt qu'un classique. | à boire (collector) |
| 2002 | 19/20 | Légendaire | Millésime magnifique aux conditions de croissance quasi parfaites, capé par un temps sec et froid à la vendange ; fruits charnus tenus par une acidité vive, grand potentiel de garde. Considéré comme le meilleur millésime depuis 1996, classé cinq étoiles — indispensable dans toute cave de collectionneur. | 2026-2050 |
| 2001 | 10/20 | Moyen | Millésime globalement décevant : hiver doux et humide, été maussade et pluies incessantes en septembre pénalisant volume et qualité, sans mise en réserve qualitative cette année-là. Année non déclarée en millésime par la quasi-totalité des maisons, utilisée en assemblage brut sans année. | à boire |
| 2000 | 16/20 | Très bon | Grêle, orages, froid inhabituel et mildiou ont rendu la saison difficile, mais un bel août-septembre a racheté le millésime ; vins de haute qualité destinés à une consommation plutôt rapprochée. Largement déclaré, notamment pour marquer le passage au nouveau millénaire. | maintenant-2028 |
| 1999 | 13/20 | Moyen | Année chaude et orageuse avec l'acidité la plus basse depuis 1959, donnant des vins fruités et généreux mais de garde limitée. Déclarée par plusieurs maisons mais restée dans l'ombre des 1996 et 1998. | à boire |
| 1998 | 17/20 | Excellent | Grand millésime classé par dico-du-vin, aux conditions de maturation généreuses ayant produit des cuvées riches et structurées. Largement déclaré par les maisons de prestige, encore surprenant de vitalité aujourd'hui. | maintenant-2035 |
| 1997 | 14/20 | Bon | Début de saison compliqué (gel, grêle, millerandage) rattrapé par un été chaud et stable ; Chardonnay de la Côte des Blancs particulièrement réussi, mais acidité globalement modeste limitant le potentiel de très longue garde. Peu déclarée en dehors de quelques cuvées prestige. | à boire |
| 1996 | 19/20 | Légendaire | Millésime du millénaire selon dico-du-vin : alternance de chaud et de froid, vents forts et nuits d'automne claires et fraîches ont porté l'acidité à des niveaux quasi inédits. Un des sommets absolus de la Champagne moderne, à rechercher en priorité pour sa tension et sa capacité de garde exceptionnelle. | 2028-2055 |
| 1995 | 17/20 | Excellent | Millésime très grand (dico-du-vin) à haut rendement où le Chardonnay a particulièrement excellé, offrant des vins amples et complexes qui se tiennent encore superbement 30 ans après. Largement déclaré par toutes les grandes maisons. | maintenant-2040 |
| 1994 | 11/20 | Moyen | Année difficile ayant nécessité un fort apport de vins de réserve dans les assemblages non-millésimés. Année non déclarée en millésime par la majorité des maisons (Louis Roederer fait figure d'exception notable), utilisée en assemblage brut sans année. | à boire |
| 1993 | 14/20 | Bon | Saison prometteuse dégradée par des pluies de septembre et une pourriture croissante, mais de belles réussites ponctuelles chez Jacquesson, Pol Roger, Ruinart, Dom Pérignon et Cristal. Déclarée par un nombre limité de maisons sélectives. | à boire |
| 1992 | 12/20 | Moyen | Été long et très chaud avec de la grêle localisée ; belle maturité et acidité totale étonnamment élevée pour une année chaude. Non déclarée par la majorité (destinée aux réserves), mais Bollinger, Pommery et Dom Pérignon en ont tiré des cuvées. | à boire |
| 1991 | 10/20 | Moyen | Année météorologiquement difficile ayant pesé sur la qualité globale du raisin. Année non déclarée en millésime par la quasi-totalité des maisons, utilisée en assemblage brut sans année, à l'exception de quelques cuvées de prestige sélectives. | à boire |
| 1990 | 20/20 | Légendaire | Millésime du millénaire (dico-du-vin), l'un des trois piliers de la trilogie mythique 1988-1989-1990 : concentration extraordinaire, complexité et potentiel de garde remarquable. Un incontournable absolu pour tout amateur de grands champagnes anciens. | collector |
| 1989 | 18/20 | Excellent | Excellent millésime (dico-du-vin) au sein de la trilogie 88-89-90, année chaude ayant donné des vins amples et solaires, un peu plus précoces que le 1988 mais tout aussi séduisants aujourd'hui. Largement déclaré, référence de la fin des années 1980. | maintenant-2035 (collector) |
| 1988 | 18/20 | Excellent | Maturation lente ayant favorisé une acidité remarquable ; nombre d'experts le considèrent aujourd'hui comme le plus grand des trois de la trilogie 88-89-90, encore d'une fraîcheur stupéfiante. Millésime culte largement déclaré, à rechercher en priorité chez les collectionneurs. | maintenant-2035 (collector) |
| 1987 | 9/20 | Moyen | Été anormalement humide et frais ayant favorisé la pourriture grise ; année globalement difficile. Année non déclarée en millésime par la majorité des maisons, utilisée en assemblage brut sans année. | à boire (rare) |
| 1986 | 12/20 | Moyen | Printemps humide et inconsistant, été instable avec dilution et pourriture en fin de vendange ; qualité correcte mais hétérogène et sans grand potentiel de garde. Déclarée partiellement par plusieurs producteurs malgré des conditions moyennes. | à boire (rare) |
| 1985 | 17/20 | Excellent | Excellent millésime (dico-du-vin), l'un des grands classiques de la décennie 1980 avec un bel équilibre de maturité et de fraîcheur. Largement déclaré par les maisons de prestige, encore recherché par les collectionneurs. | maintenant (collector) |
| 1984 | 8/20 | Moyen | L'une des vendanges les plus difficiles de la décennie : fortes pluies de septembre et pourriture grise généralisée. Année non déclarée en millésime par la quasi-totalité des maisons, utilisée en assemblage brut sans année. | à boire (rare) |
| 1983 | 15/20 | Bon | Départ froid et pluvieux rattrapé par une belle récupération estivale ; vendange tardive abondante donnant des raisins riches, équilibrés et de bonne longueur. Largement déclarée par de nombreuses maisons. | maintenant (collector) |
| 1982 | 18/20 | Excellent | Excellent millésime (dico-du-vin), année solaire et généreuse ayant produit des champagnes riches, puissants et d'une remarquable longévité. Un grand classique des années 1980, à rechercher en priorité par les amateurs de vins anciens. | maintenant (collector) |
| 1981 | 11/20 | Moyen | Gel d'avril ayant réduit les rendements, mais bel équilibre sucre/acidité sur les raisins récoltés (Taittinger Comtes de Champagne Rosé parmi les belles réussites). Non déclarée par la majorité des maisons, réservée à quelques cuvées de prestige sélectives. | à boire (rare) |
| 1980 | 8/20 | Moyen | Été froid et humide, récolte sauvée in extremis par une vague de chaleur de septembre. Année non déclarée en millésime par la majorité des maisons (à l'exception de quelques cuvées prestige comme Dom Pérignon Rosé ou Krug Clos du Mesnil), utilisée en assemblage brut sans année. | à boire (rare) |
| 1979 | 17/20 | Excellent | Grand millésime classique, aux conditions de maturation équilibrées ayant produit des vins fins et harmonieux, très appréciés à l'époque de leur sortie. Largement déclaré par les maisons de prestige. | collector |
| 1978 | 8/20 | Moyen | Très petite récolte marquée par une floraison ratée et de la pourriture ; vins globalement dilués, sauf de rares exceptions confidentielles (certains rosés de vinothèque). Année non déclarée en millésime par la quasi-totalité des maisons. | à boire (rare) |
| 1977 | 6/20 | Moyen | Année catastrophique dans tout le vignoble français : mauvais temps sur l'ensemble de l'été et récolte tardive donnant des vins légers et dilués. Année non déclarée en millésime, utilisée en assemblage brut sans année. | à boire (collector, rare) |
| 1976 | 18/20 | Excellent | Grand millésime (dico-du-vin) né de la canicule historique de l'été 1976, la plus intense d'Europe au XXe siècle ; vendange précoce dès le 1er septembre, faible acidité qui laissait craindre un vieillissement rapide mais les meilleures cuvées (Krug notamment) ont donné des champagnes complexes, miellés et briochés, superbes 50 ans après. Un immanquable pour les amateurs de très vieux millésimes. | collector |
Vallée du Rhône
Syrah (Rhône Nord) · Grenache, Syrah, Mourvèdre (Rhône Sud)
La Vallée du Rhône se divise en deux mondes. Le Rhône Nord (Côte-Rôtie, Hermitage, Cornas) est le royaume de la Syrah pure, donnant des vins profonds, épicés, de très longue garde. Le Rhône Sud (Châteauneuf-du-Pape, Gigondas) assemble Grenache, Syrah et Mourvèdre dans des vins puissants et solaires. Le climat méridional, plus régulier que celui de Bordeaux ou de Bourgogne, produit des millésimes globalement plus homogènes — mais les grandes années restent reconnaissables. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025.
Sur un demi-siècle, la vallée du Rhône a livré une poignée de millésimes d'anthologie à rechercher en priorité : 1978 (le mythe absolu, Nord comme Sud), 1990 (la référence moderne, notamment à Hermitage et sur les grands Châteauneuf), 1998 (l'immense Sud qui a mis vingt ans à s'épanouir), puis la séquence exceptionnelle des années 2000 à 2020 avec 2003, 2005, 2007, 2009, 2010, 2015 et surtout 2016, considéré par certains vignerons comme le nouveau 1990. Pour constituer une cave équilibrée, misez sur les triennats 2015-2016-2017 et 2009-2010 pour la structure et la garde longue, tout en gardant un œil sur les millésimes anciens (1978, 1988, 1990) devenus rares mais qui, chez les meilleurs producteurs, offrent une leçon de dégustation inégalée. À l'inverse, mieux vaut éviter ou boire sans attendre les années 1977, 2002 et 2008, marquées par la pluie et la dilution.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 17/20 | Excellent | Vendanges précoces et petits rendements après un hiver pluvieux puis un été chaud et sec : les baies concentrées annoncent des rouges fins et aromatiques, avec une fraîcheur préservée assez remarquable pour la chaleur estivale. Encore en primeur, le potentiel est très prometteur mais demande à être confirmé en bouteille. | collector |
| 2024 | 13/20 | Moyen | Millésime compliqué et pluvieux du printemps à l'été, fort pression de mildiou, rendements en net repli ; les rouges sont plus légers, avec des tanins souples mais une concentration modeste. Quelques belles réussites ponctuelles chez les vignerons les plus rigoureux au tri. | maintenant-2030 |
| 2023 | 16/20 | Très bon | Chaud et sec dans le Sud (Châteauneuf séduisant, équilibré, sans excès), plus contrasté au Nord où la Côte-Rôtie brille par son volume et sa qualité malgré la grêle qui a touché Cornas et Saint-Joseph. Des vins charmeurs, à la structure toutefois un peu moins profonde que 2022, 2016 ou 2015. | maintenant-2035 |
| 2022 | 17/20 | Excellent | Année la plus chaude et sèche jamais enregistrée dans le Nord, sauvée in extremis par des pluies mi-août ; Châteauneuf-du-Pape est superbe et très apte à la garde, Gigondas un cran en dessous. Au Nord, grande hétérogénéité selon la date de récolte, mais les meilleurs vignerons signent des vins somptueux. | 2028-2042 |
| 2021 | 14/20 | Bon | Gel dévastateur en avril (sauf sur la colline de l'Hermitage), puis un été frais et humide propice au mildiou : millésime hétérogène, sauvé par un travail de tri exemplaire. Les blancs sont remarquables, les rouges plus tendres et déjà agréables mais avec un potentiel de garde limité. | maintenant-2030 |
| 2020 | 16/20 | Très bon | Printemps précoce puis été chaud et sec : rouges à la couleur profonde, au fruit généreux et à la fraîcheur remarquable, avec des tanins fins. Régularité de qualité sur toute la vallée, une réussite un peu moins spectaculaire que 2019 pour la seule Côte-Rôtie. | 2026-2038 |
| 2019 | 18/20 | Légendaire | Saison chaude et sèche, rendements légèrement inférieurs à la moyenne mais concentration remarquable et fraîcheur surprenante ; la Côte-Rôtie signe l'un de ses plus beaux millésimes récents grâce à des pluies rafraîchissantes fin août. Au Sud, Châteauneuf est puissant, tannique, avec une belle acidité — grande garde en perspective. | 2028-2045 |
| 2018 | 16/20 | Très bon | Le mildiou a réduit les rendements au Sud, mais un mois de septembre parfait a permis une maturité excellente et sans pression sanitaire. Encore une belle réussite d'ensemble, la Côte-Rôtie se montrant la plus prometteuse dès la jeunesse. | 2025-2038 |
| 2017 | 17/20 | Excellent | Gel, pluie puis canicules : une année difficile décrite par Michel Chapoutier comme dantesque, mais qui a livré des vins très concentrés, à la maturité phénolique remarquable et bien équilibrés. Hermitage rouge et blanc sont particulièrement réussis, troisième bon millésime consécutif pour le Nord. | 2025-2040 |
| 2016 | 19/20 | Légendaire | Un des tout meilleurs millésimes du demi-siècle : conditions chaudes tout au long de l'année, rendements réduits par la grêle d'avril à Hermitage, concentration exceptionnelle en couleur, tanins et arômes. Selon Michel Chapoutier lui-même, 2016 pourrait surpasser 1990 dans le Sud — un immense potentiel de garde. | 2028-2050 |
| 2015 | 18/20 | Légendaire | Millésime de très haute qualité, un peu éclipsé par 2016 et 2017 mais tout aussi digne de garde. Coulure sur le grenache au Sud (rendements réduits) compensée par une concentration remarquable ; Guigal a produit sa rarissime cuvée Luminescence en Condrieu, réservée aux très grands millésimes. | 2026-2045 |
| 2014 | 12/20 | Moyen | Saison compliquée : coulure, été frais et humide, récolte tardive perturbée par la drosophile suzukii, tri sévère indispensable. Vins plutôt légers, sans grande complexité, qui n'ont pas gagné en profondeur avec l'âge — un millésime à boire sans attendre davantage. | à boire |
| 2013 | 15/20 | Bon | Coulure marquée sur le grenache au Sud réduisant fortement les volumes, mais la sélection naturelle a produit des vins de bonne qualité, structurés pour une garde moyenne. Le Nord, malgré un début de saison difficile, a livré des rouges prometteurs à la faveur d'un bel arrière-saison. | maintenant-2032 |
| 2012 | 15/20 | Bon | Bien plus réussi que 2011 : faible acidité mais alcools mesurés, vendanges menées sereinement en fin de saison. Un millésime charmeur et rond, plutôt destiné à une consommation dans sa jeunesse et son âge mûr précoce. | à boire |
| 2011 | 13/20 | Moyen | Pluies intempestives début septembre ayant dilué une récolte pourtant prometteuse ; qualité correcte mais loin du niveau de 2009-2010, avec des tanins parfois asséchants au Sud. À boire, la plupart des vins n'ayant pas le potentiel pour une très longue garde. | à boire |
| 2010 | 19/20 | Légendaire | Rendements très bas, qualité exceptionnelle : considéré par beaucoup comme l'un des tout meilleurs millésimes de l'histoire récente du Rhône Nord, avec une précision et une fraîcheur remarquables au Sud également. Un immense potentiel de garde, aussi bien pour les rouges que pour les blancs. | 2025-2048 |
| 2009 | 18/20 | Légendaire | Année chaude et sèche, vendanges précoces, maturité rapide et complète : un millésime généreux et concentré, parfois un peu capiteux au Sud (Beaucastel impressionnant), qui vieillit remarquablement bien depuis dix ans. | 2026-2045 |
| 2008 | 10/20 | Moyen | Pluies abondantes, millésime dilué et décevant sur l'ensemble de la vallée ; certains domaines ont renoncé à produire leur cuvée phare. Quelques rares exceptions ont bien vieilli, mais globalement un millésime à éviter aujourd'hui. | à boire |
| 2007 | 18/20 | Légendaire | Printemps très humide, été mitigé, mais un mois de septembre magnifique a sauvé la mise : réussite éclatante au Sud (Châteauneuf-du-Pape somptueux, tanins mûrs) et très solide au Nord avec une Côte-Rôtie flatteuse. Un grand classique à boire dans sa pleine maturité. | maintenant-2030 |
| 2006 | 16/20 | Très bon | Mois d'août difficile compensé par un beau mois de septembre : millésime prometteur qui a livré, avec l'âge, de très belles bouteilles au Nord (rouges et quelques blancs d'Hermitage remarquables) et des Châteauneufs charnus qui se bonifient encore. | maintenant-2028 |
| 2005 | 18/20 | Légendaire | Millésime de grande classe, aussi réussi dans le Nord (où certains le comparent à 1990) que dans le Sud, où la concentration et la régularité qualitative marquent un vrai bond en avant. Quelques flottements après quinze ans d'âge pour les cuvées les moins concentrées, mais les meilleurs flacons sont superbes. | maintenant-2035 |
| 2004 | 13/20 | Moyen | Retour à des températures plus normales après la canicule de 2003, mais une récolte peu généreuse qui a évolué rapidement. Un millésime sans grand relief, à boire désormais, sauf pour les toutes meilleures cuvées. | à boire |
| 2003 | 17/20 | Légendaire | L'année de la canicule historique : des vins d'une concentration extrême, tanniques et alcooleux, avec un très bon potentiel de garde au Nord, même si le style atypique a été éclipsé depuis par 2005, 2016 et 2017. Au Sud, la chaleur a été mieux gérée qu'à Bordeaux, mais les vins manquent parfois d'acidité. | maintenant-2032 |
| 2002 | 7/20 | Moyen | Un des pires millésimes du demi-siècle : pluies diluviennes et inondations catastrophiques juste avant les vendanges dans le Sud, floraison ratée au Nord. Énormément de déclassement en appellations génériques ; à éviter, sauf rarissimes exceptions tardives. | à boire |
| 2001 | 17/20 | Excellent | Un très grand millésime pour le Nord, presque aussi bon que 1999, avec une belle maturité, une acidité franche et des tanins mûrs qui tiennent superbement la distance vingt ans plus tard. Au Sud, mistral prolongé fin août ayant épaissi les peaux, donnant des vins tanniques et vantés à l'époque. | maintenant-2030 |
| 2000 | 16/20 | Très bon | Belle année globalement, un peu éclipsée par 1999 et 2001 : rouges charmeurs et généreux au Sud (pluies mi-septembre gérées par une récolte rapide), très charmants aussi au Nord. Des vins de plaisir, à boire sans trop attendre pour la plupart des cuvées. | à boire |
| 1999 | 18/20 | Légendaire | Qualité exceptionnelle au Nord, certains comparant ce millésime à 1947 : vendanges ensoleillées, raisins sains en abondance, une vraie fête après plusieurs années compliquées. Vieillit mieux encore que le 2000, un très grand Rhône Nord classique. | maintenant-2032 |
| 1998 | 19/20 | Légendaire | Le meilleur millésime du Sud depuis 1990 à l'époque : Châteauneuf-du-Pape puissant et très structuré, ayant mis presque vingt ans à s'épanouir pleinement avant d'atteindre un sommet remarquable. Été très sec ayant stressé la vigne au Nord, donnant des vins costauds destinés à la longue garde. | maintenant-2035 |
| 1997 | 12/20 | Moyen | Vendanges précoces donnant des vins souples et prêts rapidement, mais sans la structure nécessaire pour une garde ambitieuse. Au Sud, des saveurs un peu «mates» issues d'un raisin bien mûr mais peu typé ; seuls les plus grands noms ont vraiment bien vieilli. | à boire |
| 1996 | 11/20 | Moyen | Été frais et humide dans le Sud donnant des vins plus légers que la moyenne, sans grand intérêt aujourd'hui. Au Nord, millésime solide mais sans éclat, aujourd'hui surtout de curiosité pour amateurs avertis. | à boire |
| 1995 | 15/20 | Bon | Très bonne couleur et belle concentration au Sud, certains l'ayant jugé supérieur à 1990 à l'époque — un jugement que le temps n'a que partiellement confirmé. Au Nord, millésime prometteur qui a atteint son apogée après une vingtaine d'années de garde. | à boire |
| 1994 | 11/20 | Moyen | Pluies d'automne classiques ayant perturbé la fin de maturation au Nord ; au Sud, les vendangeurs les plus précoces ont eu plus de chance, mais une bonne partie de la récolte a été cueillie sous la pluie. Qualité moyenne, à boire depuis longtemps. | à boire |
| 1993 | 9/20 | Moyen | Bel été suivi de pluie, grêle et mildiou : des vins légers et souples dans le Nord, une répétition du profil dilué de 1992 au Sud. Millésime mineur, aujourd'hui pratiquement sans intérêt. | à boire |
| 1992 | 8/20 | Moyen | Pluies torrentielles au moment des vendanges dans le Sud, résultat très dilué ; au Nord, un mélange de vins précoces sans grande matière. Un des millésimes les plus faibles de la décennie. | à boire |
| 1991 | 13/20 | Moyen | Grenache touché par une floraison ratée au Sud, donnant une récolte peu inspirante et globalement oubliable. En revanche superbe surprise en Côte-Rôtie : des vins fragrants, avenants et charmeurs qui ont remarquablement bien vieilli, encore superbes après près de trente ans. | à boire |
| 1990 | 19/20 | Légendaire | Un des millésimes mythiques du Rhône : canicule ayant freiné la maturation en Côte-Rôtie mais donné des monuments à Hermitage, promis à une très longue vie. Au Sud, des vins somptueux, puissants et capiteux, à l'acidité modeste — les meilleurs flacons n'ont atteint leur apogée qu'à trente ans, une référence absolue. | maintenant-2030 |
| 1989 | 17/20 | Excellent | Année de sécheresse ayant donné des vins riches et opulents, très hauts en notes à l'époque, avec un Sud fabuleusement concentré, peut-être encore plus charpenté que 1990 selon certains connaisseurs (Rayas en fer de lance). Aujourd'hui sur la pente descendante pour la plupart des flacons hors très grands noms. | à boire |
| 1988 | 16/20 | Très bon | Millésime classique et équilibré, injustement éclipsé par 1989 et 1990 : Côte-Rôtie majestueuse et digne de longue garde, Châteauneuf complet et charpenté dans un style qualifié de «classique» par les connaisseurs. Une valeur sûre de la fin des années 80. | à boire |
| 1987 | 8/20 | Moyen | Année fraîche et pluvieuse ayant donné des vins globalement minces et peu concentrés dans le Sud comme dans le Nord. Un millésime mineur, sans intérêt de collection aujourd'hui. | à boire |
| 1986 | 12/20 | Moyen | Millésime plutôt maigre et sans grand charme dans l'ensemble, à l'exception notable de certaines cuvées de Guigal en Côte-Rôtie qui ont fait figure d'exception remarquable. Au Sud, des vins fermes et tanniques en jeunesse, aujourd'hui bien évolués. | à boire |
| 1985 | 15/20 | Bon | Vins opulents et souples, très séduisants à leur sortie, aussi bien au Nord qu'au Sud, mais qui ont mûri plus vite que prévu et auraient dû être bus avant le tournant du millénaire. Aujourd'hui un millésime de nostalgie plus que de dégustation. | à boire |
| 1984 | 8/20 | Moyen | Millésime froid et humide, grenache peu mûr au Sud : année difficile sur toute la vallée, avec des vins aujourd'hui en net déclin. Meilleur dans sa prime jeunesse qu'à maturité. | à boire |
| 1983 | 15/20 | Bon | Belle réussite en Côte-Rôtie (la Mouline de Guigal est restée un modèle du genre) un peu plus inégale à Hermitage ; au Sud, des vins agréables en leur temps mais qui n'apportent plus guère de plaisir aujourd'hui. | à boire |
| 1982 | 14/20 | Bon | Millésime irrégulier selon les terroirs et les vignerons, mais les meilleurs noms (Chave, Guigal, Jaboulet) ont signé des vins puissants et de belle facture. Une année à juger surtout sur la réputation du domaine. | à boire |
| 1981 | 13/20 | Moyen | Vintage modeste en Côte-Rôtie, donnant des vins légers à boire jeunes ; en revanche belle surprise au Sud où Château de Beaucastel a produit l'un des vins de la vintage, preuve qu'un grand terroir peut transcender une année moyenne. | à boire |
| 1980 | 12/20 | Moyen | Millésime probablement plus flatteur dans sa jeunesse qu'à l'épreuve du temps : les vins ont globalement mal vieilli et sont aujourd'hui tous largement passés leur apogée. Une année de transition, sans grand relief. | à boire |
| 1979 | 14/20 | Bon | Vins souples, élégants et bien équilibrés, dans un style plus friand que puissant ; ils auraient dû être consommés depuis longtemps. Une bonne année sans être exceptionnelle, aujourd'hui essentiellement pour la mémoire des amateurs. | à boire |
| 1978 | 20/20 | Légendaire | Le millésime mythique du Rhône du dernier demi-siècle : année sensationnelle, très aromatique, complexe et charpentée, avec des Hermitage et Côte-Rôtie d'anthologie. La Chapelle 1978 de Paul Jaboulet Aîné reste une référence absolue, ayant merveilleusement vieilli plus de quarante ans ; au Sud, meilleur Châteauneuf-du-Pape depuis 1969 — des flacons aujourd'hui rarissimes et collector. | collector |
| 1977 | 6/20 | Moyen | Une des pires années du siècle pour l'ensemble du vignoble français : conditions météorologiques exécrables sur toute la vallée du Rhône, récolte gâtée par le manque de maturité et l'humidité. Millésime à oublier, sans aucun intérêt de dégustation aujourd'hui. | à boire |
| 1976 | 13/20 | Moyen | Tanins fermes et une certaine rusticité ont marqué le Sud, notamment Châteauneuf-du-Pape, dans une année inégale ; le Nord s'en est mieux sorti, en particulier une Côte-Rôtie robuste et charnue. Un millésime de caractère plus que de finesse, aujourd'hui à réserver aux collectionneurs curieux. | collector |
Val de Loire
Sauvignon, Chenin, Melon (blancs) · Cabernet Franc (rouges)
Le Val de Loire est le plus long vignoble de France, du Muscadet atlantique aux Sauvignons de Sancerre. C'est le royaume du Chenin Blanc, cépage caméléon capable de produire des secs tendus (Savennières), des moelleux d'anthologie (Vouvray, Layon) et des effervescents. Le Cabernet Franc y donne des rouges élégants et digestes (Chinon, Bourgueil). Souvent sous-estimée, la Loire offre des grands vins de garde à des prix encore raisonnables. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025.
En 50 ans, le Val de Loire a livré trois sommets absolus à rechercher en priorité : 1989 et 1990 (le tandem légendaire de la fin des années 80, superbe en liquoreux comme en rouges, aujourd'hui essentiellement une affaire de collectionneurs), puis 2005 et 1996, deux millésimes classiques quasi parfaits dans toutes les couleurs. Pour du plaisir immédiat avec un vrai potentiel de garde, misez sur 2009, 2010, 2015, 2018, 2019, 2020 et surtout 2022, la plus belle réussite récente. Attention en revanche aux années de gel qui ont ravagé les rendements sans forcément nuire à la qualité des survivants (1991, 2016, 2017, 2021) et aux millésimes pluvieux plus dilués (1977, 1980, 1984, 1992, 2001, 2004, 2024) : mieux vaut alors choisir le producteur que l'année.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 17/20 | Excellent | Saison chaude et sèche, pression sanitaire quasi nulle, vendanges précoces et rapides sous un temps impeccable. Nuits fraîches préservant une belle acidité : certains y voient déjà le meilleur millésime de la décennie. | 2027-2038 |
| 2024 | 12/20 | Moyen | Millésime « combat » marqué par des pluies deux fois supérieures à la moyenne, une pression mildiou exceptionnelle et une maturité tardive. Rendements très faibles ; qualité très dépendante du travail de tri et de cave, à réserver aux meilleurs domaines. | maintenant-2028 |
| 2023 | 15/20 | Très bon | Année chahutée par la pression mildiou sur chenin, mais un été chaud et humide a récompensé les vignerons rigoureux. Beau millésime pour les rouges de Cabernet Franc et le Muscadet, plus irrégulier en liquoreux. | 2026-2035 |
| 2022 | 18/20 | Excellent | Année chaude et mûre sauvée par des pluies rafraîchissantes mi-août : rouges concentrés, blancs secs équilibrés et liquoreux denses. Un très grand millésime de garde dans toutes les couleurs. | 2027-2045 |
| 2021 | 11/20 | Moyen | Gel noir dévastateur début avril suivi d'un été frais et humide à forte pression fongique : rendements sinistrés. Les blancs secs s'en sortent mieux que les rouges, souvent maigres. | à boire |
| 2020 | 17/20 | Excellent | Hiver doux, été chaud avec quelques grêles localisées mais sans gros accident : un très beau millésime dans les trois couleurs, y compris pour les liquoreux, riche et bien vinifié. | 2026-2038 |
| 2019 | 16/20 | Excellent | Gel de printemps dans l'ouest puis un juin chaud et sec après un début de saison frais et humide. Qualité globale très bonne à excellente sur les rouges et blancs secs, mais peu de liquoreux faute de pluies de septembre. | 2025-2035 |
| 2018 | 16/20 | Excellent | Pression mildiou en juin puis conditions chaudes : rouges denses et aptes à la garde, blancs plus exotiques avec une acidité plus discrète que d'habitude. Un beau millésime solaire, largement salué par les producteurs. | 2025-2036 |
| 2017 | 13/20 | Moyen | Gel noir du 20 avril catastrophique (jusqu'à 95% de perte à Savennières), mais un été quasi parfait a sauvé la qualité de ce qui restait : vendanges précoces, vins intenses et vifs. Un « petit » millésime en volume, réussi en qualité pour les rescapés. | maintenant-2030 |
| 2016 | 13/20 | Moyen | Nouveau gel de fin avril, très pénalisant en Muscadet notamment (perte de récolte de l'ordre de 20-30% en Val de Loire). Qualité et concentration bonnes pour ce qui a survécu, Chenin Blanc et Sancerre particulièrement réussis. | maintenant-2028 |
| 2015 | 18/20 | Excellent | Été chaud et sec comparable aux autres grandes régions françaises cette année-là : rendements bas mais qualité remarquable en rouges (Cabernet Franc mûr), blancs secs et liquoreux, promis à une belle garde. | 2026-2042 |
| 2014 | 15/20 | Très bon | Belle année de qualité pour le Cabernet Franc et pour les blancs (Muscadet, Sauvignon, Chenin du sec au liquoreux), malgré des rendements une nouvelle fois inférieurs à la moyenne. | 2022-2032 |
| 2013 | 9/20 | Moyen | Année noire pour Vouvray et Montlouis, quasiment rayés de la carte par une grêle de juin. Ailleurs, bonne acidité mais des rouges peinant à atteindre pleine maturité entre printemps froid et été maussade. | à boire |
| 2012 | 13/20 | Moyen | Saison difficile et rendements amputés de moitié, mais le Muscadet y a signé quelques-uns de ses plus grands vins. Peu de liquoreux botrytisés en Anjou/Vouvray/Montlouis ; rouges tirés par des vendanges tardives sous la pluie. | à boire |
| 2011 | 11/20 | Moyen | Millésime globalement décevant, plombé par la pression fongique sur Muscadet et Touraine. Le Cabernet Franc ne s'exprime que sur les meilleurs terroirs ; le Chenin liquoreux (Anjou, Coteaux du Layon) tire mieux son épingle du jeu. | à boire |
| 2010 | 18/20 | Légendaire | Un très grand millésime croisé par toutes les sources : Muscadet et Sauvignon concentrés et frais, Cabernet Franc mûr et intense pour les audacieux ayant attendu la fenêtre de beau temps fin septembre, Chenin liquoreux réussi en Coteaux du Layon. Un sommet de la décennie. | 2028-2050 |
| 2009 | 18/20 | Légendaire | Année classique des millésimes finissant en 9 : été sec et chaud, vendanges précoces, rouges opulents et fruit mûr, Muscadet riche. Un grand millésime généreux dans toutes les couleurs, aujourd'hui à pleine maturité pour les meilleurs rouges. | maintenant-2035 |
| 2008 | 13/20 | Moyen | Gel dévastateur début avril dans l'ouest (Muscadet, Anjou), été frais, mais un automne « miraculeux » sauve la mise : rouges plus structurés qu'en 2007, jolis blancs secs, liquoreux légers. | à boire |
| 2007 | 12/20 | Moyen | Un des étés les plus maussades de la décennie (pluie, fraîcheur, mildiou), sauvé par un début septembre sec et ensoleillé. Blancs secs propres et vifs, liquoreux surprenants de pureté, rouges plus légers et charmeurs que structurés. | à boire |
| 2006 | 11/20 | Moyen | Canicule de juillet suivie d'un automne froid et pluvieux : millésime irrégulier, sans grand relief, à réserver aux vignerons les plus rigoureux. | à boire |
| 2005 | 19/20 | Légendaire | Météo quasi parfaite toute la saison, sécheresse modérée et nuits fraîches préservant l'acidité : un immense millésime, très équilibré, unanimement salué (rouges, blancs secs et liquoreux, notamment à Savennières et Coteaux du Layon). | 2025-2045 |
| 2004 | 14/20 | Bon | Millésime classique et fiable, rendements généreux, belle maturité homogène en septembre. Sans éclat particulier mais du bon vin bien fait chez les vignerons sérieux. | à boire |
| 2003 | 16/20 | Excellent | La canicule historique européenne a produit des rouges exceptionnellement mûrs et concentrés (Cabernet Franc), un Chenin liquoreux généreux mais avec moins de botrytis que d'habitude, et des Sauvignon parfois trop alcooleux ayant perdu leur délicatesse habituelle. | maintenant-2030 |
| 2002 | 15/20 | Très bon | Un septembre exceptionnellement ensoleillé a transformé un été frais et pluvieux en très bon millésime : pureté de fruit remarquable, rendements réduits, bons retours de Muscadet à Sancerre. | à boire |
| 2001 | 12/20 | Moyen | Millésime contrasté : très bon Muscadet, mais Sancerre et Pouilly pénalisés par les pluies tardives. Le gel d'avril réduit les volumes, tandis que l'Anjou profite d'un bel arrière-automne pour de très bons liquoreux, sa meilleure récolte depuis 1997. | à boire |
| 2000 | 12/20 | Moyen | Juillet maussade et mildiou, puis rupture météo désastreuse le 16 octobre. Ceux qui ont vendangé tôt (Muscadet, Sancerre, Pouilly) ont tiré leur épingle du jeu ; rouges de belle couleur mais peu structurés. | à boire |
| 1999 | 14/20 | Bon | Millésime qui a « failli » être grand : récolte abondante nécessitant une vendange en vert rigoureuse, puis pluies de septembre pénalisant les vignes surchargées. Le choix du producteur est ici déterminant — Muscadet une nouvelle fois épargné. | à boire |
| 1998 | 13/20 | Moyen | Le moins bon millésime de la seconde moitié des années 90 : pluies de fin septembre ayant cassé l'élan d'une grande année. Rouges souvent maigres et tanniques verts, sauf chez les meilleurs vignerons. | à boire |
| 1997 | 17/20 | Excellent | Grand succès pour les liquoreux, riches et robustes, portés par une arrière-saison douce et de hauts degrés naturels ; certains blancs secs d'Anjou atteignent des degrés impressionnants (parfois discutés pour leur équilibre). Une des références liquoreux de la décennie avec 1990. | maintenant-2030 (liquoreux) |
| 1996 | 18/20 | Légendaire | Été très sec : un des tout meilleurs millésimes rouges de la décennie, classé par beaucoup juste derrière 1989. Blancs secs très réussis de Muscadet à Sancerre ; liquoreux plus concentrés que botrytisés faute d'humidité, mais riches et de grande garde. | maintenant-2032 |
| 1995 | 16/20 | Excellent | Le meilleur millésime depuis 1990 à l'époque : gel enfin épargné dans l'ensemble, été chaud, blancs secs réussis, rouges concentrés et tanniques ayant demandé du temps pour s'assouplir, très beaux liquoreux grâce à un automne sec et long. | à boire-2028 |
| 1994 | 10/20 | Moyen | Année difficile marquée par un gel sévère en Touraine ouest et le spectre constant de la pourriture grise sous un septembre « tropical » très humide. Quelques bons liquoreux en Anjou, mais blancs secs et rouges globalement décevants. | à boire |
| 1993 | 11/20 | Moyen | Millésime commercial correct en son temps, aujourd'hui bien passé pour l'essentiel, à l'exception de quelques beaux liquoreux d'Anjou qui ont mieux résisté au temps. | à boire |
| 1992 | 9/20 | Moyen | Très grosse récolte en réaction au gel dévastateur de 1991 : tailles longues et rendements élevés ont donné des vins souvent dilués, aujourd'hui largement dépassés. | à boire |
| 1991 | 8/20 | Moyen | Gel noir historique dans la nuit du 21 au 22 avril, dévastateur dans toute la France de l'Ouest : la Loire n'a produit qu'environ un tiers d'une récolte normale. Millésime devenu rarissime, à ne considérer qu'en curiosité. | collector |
| 1990 | 19/20 | Légendaire | « Un grand classique » : rouges pleins de charme, taillés pour la garde bien que devenus rares aujourd'hui, et surtout un immense millésime de liquoreux (Coteaux du Layon, Bonnezeaux, Vouvray moelleux) grâce à une chaleur estivale exceptionnelle. Un pilier absolu à rechercher. | maintenant-2035 (liquoreux) / à boire (rouges) |
| 1989 | 20/20 | Légendaire | « L'un des vrais millésimes du siècle » selon les connaisseurs, comparé à 1964, 1959 et 1947 : beau temps exceptionnel de l'été jusqu'en décembre, liquoreux superbes et rouges magnifiques. Le sommet absolu des 50 dernières années en Val de Loire avec 2005. | maintenant-2035 (liquoreux) / collector (rouges) |
| 1988 | 15/20 | Très bon | Belle année dans la lignée du trio 1988-1989-1990 qui a marqué la fin de la décennie : liquoreux d'Anjou riches et bien notés par les rétrospectives, rouges solides. | collector |
| 1987 | 11/20 | Moyen | Année moins marquante, dans la moyenne basse de la décennie : liquoreux plus légers, sans la concentration des millésimes voisins. À réserver aux amateurs de curiosités anciennes. | collector / à boire rapidement |
| 1986 | 13/20 | Bon | Millésime correct, comparable à son équivalent bordelais plus tannique : les liquoreux d'Anjou de cette année restent solides et se sont bien conservés selon les dégustations rétrospectives. | collector |
| 1985 | 16/20 | Excellent | Une des belles années de la décennie, saluée dans plusieurs rétrospectives : liquoreux amples et bien construits, rouges mûrs. Un millésime resté une référence pour les grandes maisons d'Anjou. | collector |
| 1984 | 8/20 | Moyen | Année pluvieuse et fraîche, l'une des plus faibles de la décennie dans tout le Val de Loire comme à Bordeaux la même année : vins dilués, dépourvus de la concentration nécessaire à une bonne garde. | à boire (survivants rares) |
| 1983 | 14/20 | Bon | Bon millésime équilibré, apprécié notamment pour les liquoreux d'Anjou qui ont bien vieilli selon les rétrospectives récentes des maisons historiques. | collector |
| 1982 | 15/20 | Très bon | Grande année dans plusieurs régions françaises la même année ; en Loire, les liquoreux d'Anjou de ce millésime figurent parmi les mieux notés de la décennie et ont montré une belle capacité de garde. | collector |
| 1981 | 12/20 | Bon | Millésime moyen-bon, sans grand relief mais honnête : les liquoreux de l'année, seule catégorie bien documentée aujourd'hui, restent d'un niveau correct. | collector / à boire rapidement |
| 1980 | 9/20 | Moyen | Année fraîche et pluvieuse, l'une des plus délicates du début de la décennie : maturité difficile à atteindre, vins légers manquant de structure pour une longue garde. | à boire (survivants rares) |
| 1979 | 13/20 | Bon | Millésime honnête, régulier, sans excès ; les liquoreux d'Anjou de cette année ont plutôt bien vieilli selon les cotations rétrospectives disponibles. | collector |
| 1978 | 8/20 | Moyen | Année classée parmi les plus faibles de la décennie dans plusieurs récapitulatifs historiques du Val de Loire, saison fraîche et maturité incomplète. | à boire (survivants rares) |
| 1977 | 6/20 | Moyen | Millésime qualifié sans détour d'« exécrable » par les chroniques historiques de la Loire : année froide et pluvieuse, l'une des toutes pires des 50 dernières années dans la région. | à boire (rarissime, curiosité) |
| 1976 | 18/20 | Légendaire | Été exceptionnellement chaud et sec (canicule historique européenne), avec un peu de pluie mi-septembre : millésime légendaire pour les liquoreux d'Anjou et Vouvray (botrytis et surmaturité magnifiques), rouges puissants et « cuits » mais étonnamment tenus dans la durée — un très grand millésime collector. | collector (liquoreux exceptionnels) |
Alsace
Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris, Muscat, Pinot Noir
L'Alsace est le paradis des blancs aromatiques. Protégée par les Vosges, elle bénéficie d'un climat sec et ensoleillé qui donne des Riesling minéraux et tendus, des Gewurztraminer opulents et des Pinot Gris riches. Les Grands Crus alsaciens et les Vendanges Tardives comptent parmi les vins blancs les plus capables de vieillir au monde. Le Riesling, en particulier, peut traverser les décennies en gagnant en complexité pétrolée caractéristique. Ce guide couvre les 50 derniers millésimes, de 1976 à 2025.
Cinquante ans de millésimes alsaciens dessinent une région d'une remarquable constance qualitative, portée par un climat semi-continental abrité des Vosges qui limite les échecs complets. Pour un collectionneur ou un amateur en quête d'exception, quatre décennies se détachent : les mythiques 1976 et 1983, véritables pierres fondatrices des vendanges tardives et Sélections de Grains Nobles, encore capables de surprendre en dégustation ; la trilogie inégalée 1988-1989-1990, sommet absolu de puissance et de longévité ; puis la série moderne 1997, 2000, 2002, 2005 et 2009, qui conjugue pureté de fruit et potentiel de garde exceptionnel. Plus près de nous, 2015, 2018, 2019 et 2020 confirment que le réchauffement climatique a globalement profité à la maturité alsacienne, tout en resserrant la fenêtre des grandes vendanges tardives. Pour investir dans une bouteille de collection, privilégiez en priorité 1976, 1983, 1989 et 1990 en vendanges tardives ou SGN si votre budget le permet — ce sont les références absolues du vignoble.
| Année | Note | Niveau | Commentaire | Apogée |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | 16/20 | Très bon | Vendanges les plus précoces de l'histoire du vignoble alsacien, marquées par un printemps pluvieux puis une sécheresse estivale qui a réduit les volumes (-9%). Petites baies très concentrées donnant des Riesling à l'acidité cristalline et des crémants de belle structure. | 2027-2038 |
| 2024 | 15/20 | Bon | Débourrement précoce puis printemps frais et pluvieux, avec un bel été permettant un rattrapage. Degrés d'alcool modérés et acidités soutenues : un style frais et digeste, à boire sans trop attendre sur les Riesling et Gewurztraminer. | maintenant-2032 |
| 2023 | 18/20 | Excellent | Malgré la coulure sur Riesling liée aux fortes chaleurs de la floraison, l'année livre des blancs secs d'une finesse inattendue, avec des acidités fermes et des degrés plus mesurés que prévu. Peu de vendanges tardives et SGN produites, mais un très joli millésime classique. | 2026-2040 |
| 2022 | 18/20 | Excellent | Année chaude et sèche marquée par des vagues de canicule, sauvée par des pluies salvatrices juste avant des vendanges précoces qui ont apporté de la fraîcheur. Fruit concentré, degrés modérés grâce à la précocité de la récolte : excellent potentiel de garde, mais peu propice au botrytis. | 2026-2042 |
| 2021 | 16/20 | Très bon | Millésime qualifié de « classique » par euphémisme : gel de printemps et mildiou ont amputé la récolte de 20%, mais un automne sec et ensoleillé a sauvé des Riesling secs nerveux et aromatiques. Très peu de vendanges tardives produites cette année-là. | maintenant-2033 |
| 2020 | 18/20 | Excellent | Dans la continuité de 2019 mais sans les gelées de printemps, avec des vendanges encore plus précoces. Un millésime solaire, mûr et harmonieux, bien noté par la profession et à fort potentiel de garde. | 2025-2040 |
| 2019 | 18/20 | Excellent | Hiver doux, printemps frais puis été chaud avec juste ce qu'il faut de pluie : une fenêtre de vendanges longue et quasi parfaite en septembre. Unanimement salué par la profession pour sa finesse, son élégance, sa précision et son équilibre — l'un des grands millésimes récents. | 2025-2042 |
| 2018 | 17/20 | Excellent | Après un premier semestre très pluvieux, un été caniculaire a offert une maturité exceptionnelle aux Pinots Gris et Pinot Noir ; le Riesling, cueilli plus tardivement grâce à des nuits fraîches d'octobre, reste un peu moins classique. Grand millésime pour les liquoreux et le Gewurztraminer épicé. | 2024-2040 |
| 2017 | 16/20 | Excellent | Hiver froid, printemps et été chauds avec des pluies suffisantes : un très bon millésime, équilibré sur tous les cépages et tous les niveaux de sucrosité, sans excès. Les gelées de printemps ont toutefois amputé les rendements jusqu'à un tiers. | 2023-2035 |
| 2016 | 15/20 | Très bon | Juin humide propice au mildiou, mais un été chaud et sec a sauvé la vendange. Style plus élégant et classique que le 2015 plus riche, avec de bons rendements — l'un des millésimes les plus réguliers de la décennie. | maintenant-2032 |
| 2015 | 18/20 | Légendaire | Un été caniculaire comparé aux légendaires 1976 et 1945, avec des vendanges très précoces et des acidités plus basses que la moyenne. Le Pinot Noir a particulièrement brillé, et les conditions sanitaires ont permis de belles vendanges tardives. Troisième petite récolte consécutive mais grande qualité. | 2022-2045 |
| 2014 | 15/20 | Très bon | Températures fraîches tout l'été, donnant un millésime à forte acidité, particulièrement propice au Crémant. Les vendanges tardives sont restées discrètes, mais les blancs secs affichent une belle typicité, dans un style plus retenu. | maintenant-2028 |
| 2013 | 13/20 | Moyen | Saison capricieuse avec des arrêts de maturation, donnant une toute petite récolte qui aurait pu être parfaite sans les pluies de vendanges. Les vignerons ayant vendangé tôt s'en sont le mieux sortis ; millésime irrégulier à sélectionner avec soin. | à boire |
| 2012 | 16/20 | Très bon | Volumes proches de la moyenne et qualité très plaisante grâce à un août chaud et stable suivi d'un septembre frais et sec ayant préservé la santé sanitaire du vignoble. Crémants, Pinot Noir, Pinot Gris et Gewurztraminer particulièrement réussis. | maintenant-2030 |
| 2011 | 15/20 | Bon | Bonne qualité dans un style précoce et facile à boire, mais sans l'envergure du 2010 ni surtout du grandiose 2009. Des vins agréables, à consommer sans trop attendre. | à boire |
| 2010 | 18/20 | Excellent | Rendements en baisse d'environ 20% par rapport à 2009 et une météo plus chaotique donnant une qualité hétérogène : la sélection parcellaire fait toute la différence. Les meilleures cuvées, notamment en Riesling, offrent une tension et une garde remarquables. | 2020-2040 |
| 2009 | 17/20 | Légendaire | Le point culminant d'une série exceptionnelle de trois millésimes (2007-2008-2009) : un état sanitaire du raisin parmi les plus sains jamais observés en Alsace, donnant des vins d'une pureté variétale exemplaire sur tous les cépages. Grande réussite également pour les vendanges tardives. | 2020-2045 |
| 2008 | 16/20 | Très bon | Conditions météo difficiles en cours de saison qui laissaient craindre le pire, mais le millésime a livré des vins de belle concentration soutenus par une acidité marquée. Un ton en dessous du 2007, avec des Crémants parmi les meilleurs de la décennie. | maintenant-2028 |
| 2007 | 16/20 | Excellent | Vendanges précoces sous un temps radieux de septembre-octobre, journées lumineuses et nuits fraîches ayant favorisé la finesse aromatique. Un botrytis d'une pureté extraordinaire pour le Pinot Gris et le Gewurztraminer a permis de superbes vendanges tardives et SGN. | 2015-2038 |
| 2006 | 16/20 | Moyen | Vins fermes, un peu maigres, pénalisés par des pluies démarrées le 24 septembre et qui se sont prolongées en octobre pendant les vendanges. Un millésime sans grand relief, à boire sur son fruit. | à boire |
| 2005 | 18/20 | Légendaire | Journées chaudes et nuits fraîches pendant les vendanges ont préservé une acidité remarquable ; état sanitaire parfait, sans aucune trace de pourriture. Pinot Noir et Pinot Gris au sommet, Gewurztraminer très épicé : un très grand millésime classique et pur, unanimement salué. | 2018-2042 |
| 2004 | 15/20 | Moyen | Millésime capricieux avec des pluies d'août puis du 20 octobre qui ont limité la production de vendanges tardives et SGN. Volumes en hausse, notamment pour le Crémant, mais les vins restent classiques et sans grande ambition. | à boire |
| 2003 | 18/20 | Moyen | Année de canicule historique en France : les températures extrêmes ont fait chuter l'acidité au point que la chaptalisation acide fut exceptionnellement autorisée. Vins précoces, atypiques, à maturité rapide — un millésime hors norme plus qu'un grand classique alsacien. | à boire |
| 2002 | 16/20 | Légendaire | Le millésime le plus sous-coté de la période : un hiver très froid suivi d'un bel été (meilleur que dans le reste de la France) a donné des Riesling d'une élégance classique, avec un fruit racé et une acidité impeccablement équilibrée, malgré des pluies début octobre. | 2012-2035 |
| 2001 | 17/20 | Moyen | Floraison étirée par le froid et été frais et humide en septembre ont privé la région d'un grand millésime, mais un été indien tardif a permis de rattraper une belle maturité. D'excellents vins se dégustent aujourd'hui avec plaisir, sans être exceptionnels. | à boire |
| 2000 | 16/20 | Légendaire | Floraison très précoce et saison de croissance très favorable : un très grand millésime pour les vendanges tardives et surtout les Sélections de Grains Nobles (Riesling et Pinot Gris), considérées parmi les plus grandes liquoreuses jamais produites en Alsace. Les vins secs, eux, manquent parfois de complexité. | 2010-2040 (VT/SGN jusqu'à 2050) |
| 1999 | 16/20 | Moyen | Saison plombée par la pluie et le mildiou ; un temps radieux à la mi-août laissait espérer une belle récolte, mais de nouvelles pluies ont douché les espoirs. Millésime irrégulier, à sélectionner selon les producteurs. | à boire |
| 1998 | 15/20 | Bon | Vendanges précoces de raisins très mûrs, avec une trace de botrytis bienvenue. Un bon millésime solaire, sans atteindre le niveau du 1997. | à boire |
| 1997 | 15/20 | Légendaire | Troisième grand millésime consécutif après 1989 et 1990 : vendanges précoces de raisins très mûrs et vins liquoreux tardifs remarquables. Des vins classiques, puissants et de longue garde, dont les meilleurs se dégustent encore superbement aujourd'hui. | 2005-2035 |
| 1996 | 17/20 | Très bon | Débourrement et floraison tardifs, été frais mais raisins sains à belle acidité ; un octobre sec et stable a permis d'attendre la pleine maturité phénolique, profitant surtout au Pinot Noir et au Pinot Gris. Brouillards matinaux propices au botrytis : très belles vendanges tardives et SGN. | 2005-2030 |
| 1995 | 17/20 | Bon | Printemps inconstant puis juin frais et humide, un juillet chaud redonnait espoir avant qu'un septembre pluvieux ne force des vendanges précoces. Petite récolte hétérogène : du très bon dans les parcelles vendangées tôt, du dilué ailleurs. | à boire |
| 1994 | 14/20 | Moyen | Pluies de septembre ont compliqué la vendange, mais les vignerons ayant eu le courage d'attendre ont produit de très belles bouteilles. Un millésime inégal qui récompense la prise de risque. | à boire |
| 1993 | 13/20 | Bon | Bonne année : des vins mûrs, avec du corps et de l'intensité, sans toutefois la classe des grands millésimes du début de la décennie. | à boire |
| 1992 | 12/20 | Moyen | Meilleur que dans la plupart des autres régions françaises cette année-là : des vins mûrs, souples et faciles, plutôt destinés à une consommation rapide. | à boire |
| 1991 | 13/20 | Moyen | Année difficile : la pluie a perturbé les vendanges, donnant des vins légers et marqués par l'acidité, sans grande concentration. | à boire |
| 1990 | 18/20 | Légendaire | Le troisième volet d'une trilogie mythique avec 1988 et 1989 : des vins classiques, puissants et d'une remarquable longévité, dont les meilleurs flacons impressionnent encore aujourd'hui. Vendanges tardives et SGN somptueuses. | 2000-2045 |
| 1989 | 18/20 | Légendaire | Été chaud et sec, vendanges précoces dès le 27 septembre : un millésime historique pour les raisins surmûris et botrytisés, avec des niveaux de sucre naturel records depuis 1945. Les Sélections de Grains Nobles ont surpassé celles du mythique 1976. | collector (VT/SGN jusqu'à 2050+) |
| 1988 | 17/20 | Légendaire | Superbe et intensément aromatique, avec l'équilibre nécessaire pour une très longue garde. Un très bon millésime malgré une semaine de pluie pendant les vendanges, souvent éclipsé par ses voisins 1989 et 1990 mais tout aussi remarquable. | 2000-2040 |
| 1987 | 13/20 | Moyen | Millésime difficile, marqué par des conditions climatiques peu favorables ayant limité la maturité. À boire depuis longtemps. | à boire |
| 1986 | 16/20 | Très bon | Bon millésime, particulièrement réussi en Riesling : des vins très mûrs, avec une belle profondeur et une élégante nuance minérale. | à boire |
| 1985 | 17/20 | Légendaire | Millésime beau et élégant, comparé aux plus grandes années des quinze années précédentes (1971, 1976, 1983) : des vins de grande race, équilibrés, puissants, structurés, fins et élégants, qui ont gagné en complexité avec l'âge. | 2000-2040 |
| 1984 | 12/20 | Moyen | Année météorologiquement peu favorable ; peu de cuvées ambitieuses ont été produites, contrairement aux millésimes voisins 1983 et 1985. | à boire |
| 1983 | 19/20 | Légendaire | L'un des tout meilleurs millésimes du XXe siècle en Alsace, digne successeur du 1971 : année exceptionnelle sur tous les cépages. C'est le millésime fondateur des Sélections de Grains Nobles, reconnu officiellement par le décret de mars 1984. | collector (encore superbe en dégustation) |
| 1982 | 16/20 | Très bon | Bonne récolte abondante : un hiver froid et brumeux suivi d'un très bel été et d'un septembre chaud. Millésime généreux et solaire, mondialement salué comme un excellent millésime de garde pour l'ensemble du vignoble français. | à boire |
| 1981 | 14/20 | Bon | Bonne récolte avec un rendement conséquent ; mai humide mais bonne floraison, vendanges sous un temps humide début octobre. Millésime correct sans grand éclat. | à boire |
| 1980 | 13/20 | Moyen | Petite récolte, millésime très moyen pour les blancs ; les rares rouges/rosés s'en sortent un peu mieux mais sans grand style. | à boire |
| 1979 | 15/20 | Bon | Bonne année où la météo s'est montrée clémente : des Riesling magnifiques, riches, intenses et fruités. Un millésime classique, un ton en dessous du 1978 en caractère. | à boire |
| 1978 | 17/20 | Excellent | Floraison problématique mais un temps magnifique d'août à septembre a sauvé la vendange : l'un des grands millésimes entre 1959 et 1985, concentré et fin. | à boire (pour les meilleures bouteilles conservées) |
| 1977 | 11/20 | Moyen | Année difficile marquée par une météo peu favorable et une maturité incomplète ; l'un des millésimes les plus faibles de la période, à l'image de nombreuses régions françaises cette année-là. | à boire depuis longtemps |
| 1976 | 18/20 | Légendaire | Un été long, chaud et exceptionnellement sec (la canicule de référence, comparée depuis à 2003 et 2015) : c'est ce millésime qui a inspiré à Jean Hugel la notion de « Vendange Tardive ». Niveaux de sucre naturel extraordinaires, vins liquoreux mythiques et bouteilles encore éblouissantes de finesse et d'équilibre aujourd'hui. | collector (les grandes VT/SGN se dégustent encore superbement) |
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