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Criots-Bâtard-Montrachetterroir, sols & cépages

1,57 hectare. C'est tout, et c'est une appellation grand cru à part entière — la plus petite des cinq du coteau du Montrachet, et l'une des plus petites de France. Criots-Bâtard-Montrachet ferme le coteau au sud, entièrement sur Chassagne-Montrachet, à l'extrémité opposée de Bienvenues. Son nom dit son sol : en bourguignon, un « criot » est un terrain pierreux. Production annuelle : environ 72 hectolitres, soit quelque 9 600 bouteilles.

Le bout sud du coteau, côté Chassagne

Les cinq grands crus du Montrachet forment un escalier sur le versant : Chevalier-Montrachet en haut, entre 265 et 290 mètres ; le Montrachet à mi-pente, entre 250 et 270 mètres ; Bâtard-Montrachet en bas, entre 240 et 250 mètres, avec deux appellations distinctes à ses extrémités. Au nord, Bienvenues-Bâtard-Montrachet, entièrement sur Puligny. Au sud, Criots-Bâtard-Montrachet, entièrement sur Chassagne-Montrachet.

Cette symétrie est parlante. Montrachet et Bâtard, les deux crus centraux, sont coupés en deux par la limite communale et appartiennent aux deux villages ; les trois autres se rattachent chacun à une seule commune — Chevalier et Bienvenues à Puligny, Criots à Chassagne. Criots est ainsi le seul des cinq à être exclusivement chassagnot, aux côtés des parts communales de Montrachet et de Bâtard qui complètent les trois grands crus du village.

Le terroir : un nom qui décrit le sol

Le toponyme dit la nature du lieu. Selon Marie-Hélène Landrieu-Lusigny, spécialiste des lieux-dits du vignoble bourguignon, « criot » ou « cruot » est un diminutif bourguignon de « crai », qui désigne un terrain pierreux. Le climat appartient pourtant à la même famille de sols que le Bâtard voisin : des sols bruns calcaires, épais et argileux, sur une roche-mère du Jurassique datée d'environ 175 millions d'années, entre 240 et 250 mètres d'altitude.

À l'échelle de Chassagne, on est ici au contact des « calcaires de Chassagne », l'oolithe blanche du Bathonien inférieur qui forme la roche-mère du bas de coteau et se prolonge vers le nord sous l'alignement du Montrachet. Le contraste avec les crus du haut reste le fil conducteur : Chevalier travaille sur des sols minces et pierreux, le Montrachet sur une mince couche de terre posée sur un calcaire dur, tandis que Criots, comme Bâtard et Bienvenues, dispose d'un profil profond et d'une réserve en eau plus confortable.

Climat et conduite : tout se joue sur un hectare et demi

Le cadre climatique est celui de la Côte de Beaune : tempéré à légère tendance continentale, hivers froids, printemps humides, étés chauds et parfois orageux. Le chardonnay y débourre un peu avant le pinot noir, ce qui l'expose aux gelées de printemps — un risque accentué en bas de pente, où l'air froid s'écoule et stagne. La canicule de 2003 avait fait démarrer certaines vendanges à la mi-août avec un mois d'avance, une précocité inédite depuis 1422 et 1865.

Sur une surface aussi réduite, la marge de manœuvre est entièrement dans la conduite de la vigne. Taille en guyot simple, ébourgeonnage, relevages, vendange en vert et tri à la récolte servent tous le même objectif : maintenir un rendement de l'ordre de 40 hectolitres par hectare et éviter que la richesse du sol ne se traduise par une dilution. À cette échelle, un accident de saison sur quelques rangs se lit directement dans la cuvée finale.

Le style des vins

La robe est or aux reflets minéraux. Le nez déploie les épices, le miel, les fruits secs, la fougère et le beurre ; la bouche est harmonieuse, structurée, onctueuse et profonde. Le cru partage la famille aromatique de ses voisins du bas de coteau, avec un profil généralement décrit comme plus resserré et plus vif que celui du Bâtard, sur une assise minérale que le sol pierreux d'origine explique en partie.

La vinification est celle de tout le coteau : vendange manuelle et triée, pressurage, débourbage, fermentation alcoolique conduite entre 18 et 24 °C, fermentation malolactique en fût ou en cuve, élevage sur lies avec bâtonnage pendant plusieurs mois. Le vin se garde au minimum dix à quinze ans, plus de vingt dans les grandes années. On le sert entre 12 et 14 °C sur un homard, une langouste, un poisson blanc en sauce, un foie gras ou une volaille.

L'une des plus petites appellations de France

Les chiffres donnent la mesure de la rareté. Criots-Bâtard-Montrachet couvre 1,57 hectare et produit environ 72 hectolitres par an, soit quelque 9 600 bouteilles — à comparer aux 22 930 de Bienvenues, aux 43 600 de Chevalier, aux 44 821 du Montrachet et aux 70 660 du Bâtard. C'est, de loin, le plus confidentiel des cinq grands crus du coteau, et l'un des plus petits vignobles d'appellation de France.

Cette taille explique un morcellement extrême : quelques exploitants seulement se partagent le climat, et chacun n'en tire que quelques pièces. Le Domaine Roger Belland, à Santenay, figurait parmi les producteurs recensés au relevé consulté en 2026. Comme partout en Bourgogne, une telle liste est datée par nature : successions et fermages redessinent régulièrement la carte des propriétaires.

Histoire et reconnaissance

Criots relève de la même histoire que ses voisins : celle d'un coteau dont les climats portent des noms anciens — Chevalier, Pucelles, Bâtard, Bienvenues, Criots — et dont la notoriété a fini par exiger une protection juridique. Le procès mené en 1921 par Julien Bouchard et huit propriétaires du Montrachet avait fixé le principe : chaque cru se vend sous son propre nom, et l'appellation Montrachet ne peut être usurpée par ses voisins.

Le registre de l'INAO fait remonter la reconnaissance du cru au décret du 31 juillet 1937, publié le 11 août suivant, en même temps que les quatre autres grands crus du coteau. Le cahier des charges en vigueur découle du décret n° 2011-1687 du 28 novembre 2011 ; il avait été précédé d'une procédure nationale d'opposition ouverte en décembre 2010, qui portait simultanément sur les cinq appellations — Montrachet, Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet et Criots-Bâtard-Montrachet.

Les cépages de Criots-Bâtard-Montrachet

Chardonnaycépage unique — sur une surface minuscule, chaque pied compte dans l'assemblage final

Crus & domaines emblématiques

Un climat unique : Les Criots, extrémité sud du Bâtard, sur Chassagne-MontrachetDomaine Roger Belland (Santenay) — producteur recensé au relevé consulté en 2026
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Sources : Wikipédia — Criots-bâtard-montrachet (surface, production, altitude, sols, rendement, étymologie) · Wikipédia — Chassagne-montrachet (AOC) (oolithe blanche du Bathonien, grands crus de la commune) · INAO — fiche produit Bâtard-Montrachet (dates de reconnaissance des grands crus du Montrachet, décret n° 2011-1687 du 28 novembre 2011)